Colloque Poznań-Strasbourg
15-16 octobre 2026 Strasbourg
Argumentaire
Les objets sont une constante de la vie des hommes. Ils constituent d’une part son espace matériel et culturel, modèlent diverses relations sociales et peuvent être source d’émotions dans les interactions que les humains entretiennent avec eux. Ils sont également au coeur des mécanismes de distribution et de redistribution économiques et leurs transformations, pour répondre aux besoins humains, ont été à l’origine de la formation de nouveaux modèles de consommation et de pratiques culturelles, par exemple la naissance du marché des produits de luxe. Ils font aussi l’objet d’opérations de catégorisation, notamment en objets féminins/masculins, quotidiens/exclusifs, précieux/bon marché. Ils ont enfin pu influencer l’élaboration de normes ou de réglementations juridiques, par exemple dans la codification de leur transmission ou de leur conservation patrimoniale.
Une approche historique par l’objet rend ainsi lisible de façon renouvelée l'histoire de la société, des mentalités et de la vie quotidienne. Les inventaires (post mortem ou dot) ainsi que les comptes rendus racontent parfois la « biographie » des choses. Transmis de génération en génération ou dépourvus d’histoire, les objets sont devenus le vecteur du processus de consolidation du pouvoir politique, le témoignage des pratiques religieuses et des croyances, le moyen de façonner les relations sociales. Immortalisés par l'écrit dans les mémoires, les journaux intimes, la presse et les œuvres littéraires, ils ont pris vie grâce au pinceau et au ciseau.
Comme le soulignait Daniel Roche dans son ouvrage Histoire des choses banales (1997), l'attitude envers la possession des biens a été sujette à bien des altérations et, conséquemment aux évolutions sociales, le désir de posséder de nouveaux objets s'est accru et le débat sur la valeur morale des biens s'est intensifié. De nombreuses pistes de réflexion en découlent. L’industrialisation croissante a renforcé pendant des décennies la consommation, qui a profondément modifié la réalité matérielle et les usages des objets. Les groupes liés à la distribution et à la diffusion de nouveaux objets, tels que les marchands et spécialement les marchands d'articles de luxe, ont renforcé leur position. Qui sont-ils ou qui étaient-ils ? Il ne faut pas non plus oublier les créateurs, les propriétaires et les collectionneurs. La question se pose également de savoir s'il y a place pour une « seconde vie » des objets à l'ère du consumérisme.
Au sein de ces très larges questionnements, quelques angles pourront être prioritairement retenus :
Aspects économiques
consumérisme
crises et biens
publicité et marketing
transport, commerce, marché
artisanat et techniques
industrie, artisanat, travaux manuels
production, qualité, utilisation ;
Perspectives esthétiques
les œuvres d'art, les objets ayant une valeur historique, muséale, etc. ;
art utilitaire
Usages
objets de culte
souvenirs, symboles, objets « porte-bonheur »
objets perdus, objets retrouvés ;
« seconde vie » des objets ; mouvement zéro déchet
les objets dans la culture (littérature, films, séries télévisées, jeux vidéo, bandes dessinées etc.) ;
biens de luxe/objets du quotidien
Retours
15 mai 2026
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