Arts, civilisation et histoire de l'Europe - ARCHE - UR 3400 - Faculté des sciences historiques - FSH - Université de Strasbourg https://histoire.unistra.fr fr Arts, civilisation et histoire de l'Europe - ARCHE - UR 3400 - Faculté des sciences historiques - FSH - Université de Strasbourg Fri, 18 Jun 2021 11:58:58 +0200 Fri, 18 Jun 2021 11:58:58 +0200 TYPO3 EXT:news news-9678 Fri, 21 May 2021 18:06:59 +0200 Sport et mouvements ouvriers : rencontre avec André Gounot https://assolvds.fr/2021/05/21/sport-et-mouvements-ouvriers-rencontre-avec-andre-gounot/ Actualités de l'ARCHE news-9640 Thu, 06 May 2021 18:24:34 +0200 Endurer et servir. Expérience(s) de guerre en question https://www.irsem.fr/agenda-enhancer/agenda/journee-des-doctorants-endurer-et-servir-experience-s-de-guerre-en-question.html Journée des doctorant·es de l’IRSEM et du SHD. 17 septembre 2021, École Militaire, Paris Actualités de l'ARCHE news-9259 Thu, 22 Apr 2021 16:05:22 +0200 Sur les traces de Sébastien Brant https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/sur-les-traces-de-sebastien-brant Entretien avec Peter Andersen, professeur d’Histoire et de Littérature allemandes anciennes Actualités de l'ARCHE news-9256 Tue, 20 Apr 2021 16:51:15 +0200 Zoom sur les collections orientales de Strasbourg https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/zoom-sur-les-collections-orientales-de-strasbourg Entretien avec Nourrane Ben Azzouna, Maître de conférences en Histoire des Arts de l’Islam, et Claude Lorentz, conservateur en chef à la BNU Actualités de l'ARCHE news-9253 Tue, 20 Apr 2021 13:12:18 +0200 Vidéos de la JE "Transmettre le souvenir" http://www.canalc2.tv/video/15734 Journée d'étude du 9 avril à retrouver en vidéo sur canalc2 Actualités de l'ARCHE news-9209 Wed, 14 Apr 2021 15:26:46 +0200 Ésotérisme, quelle perception aujourd'hui ? https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/esoterisme-quelle-perception Entretien avec Damien Karbovnik. Actualités de l'ARCHE news-8794 Mon, 12 Apr 2021 10:24:48 +0200 Comment allier sources médiévales et informatique ? https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/comment-allier-sources-medievales-et-informatique Un entretien avec Thomas Brunner, Guillaume Porte et Olivier Richard Actualités de l'ARCHE news-8795 Sat, 10 Apr 2021 10:33:00 +0200 Poche de Colmar : « L'armée tiendra jusqu'au dernier » https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/poche-de-colmar-la-farouche-resistance-allemande Présentation de son livre par Geoffrey Koenig Actualités de l'ARCHE news-8785 Tue, 06 Apr 2021 12:56:11 +0200 Bâtir l’architecture et la ville : des écoles en leurs territoires ? (XXe – XXIe siècles) /actualites/actualite/batir-larchitecture-et-la-ville-des-ecoles-en-leurs-territoires-xxe-xxie-siecles Bâtir l’architecture et la ville : des écoles en leurs territoires ? (XXe-XXIe siècles)

Appel à contributions pour une journée d’étude en février 2022, ENSA Strasbourg

Journée d’étude associée à la célébration du centenaire de l’ENSA Strasbourg et à l’exposition « L’école d’architecture de Strasbourg (1921-2021) : une douce modernité en Alsace ? » (aux Archives de la Ville et de l’Eurométropole)

Organisation : Gauthier Bolle (Mcf. ENSAS, ARCHE), Amandine Diener (Mcf. Institut de Géoarchitecture, Laboratoire Géoarchitecture / associée à ARCHE), Nicolas Lefort (ARCHE), avec la collaboration de Cécile Rivière (doctorante ENSAS-ARCHE).

Conseil scientifique : Ana bela de Araujo (Mcf. ENSA Marseille), Caroline Bauer (Mcf. ENSAP Lille), Mireille Bouvet (Inventaire général du patrimoine culturel, Grand-Est), Anne-Marie Châtelet (Pr. ENSAS), Laurence Chevalier (Mcf. ENSAP Bordeaux), Maxime Decommer (Mcf. ENSA Bretagne), Richard Klein (Pr. ENSAP Lille), Dave Lüthi (Pr. Université de Lausanne), Karine Thilleul (Mcf. ENSA Nancy), Alexandra Pignol (Mcf. ENSA Strasbourg).

Dans la première moitié du XXe siècle, la création d’écoles régionales d’architecture, « antennes » locales de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Paris jusqu’en 1968 (1), a permis le développement de plusieurs foyers régionaux d’enseignement. Souvent héritières d’enseignements préexistants au sein d’écoles municipales des Beaux-Arts, sont créées ainsi des écoles à Rouen (1904), puis à Rennes, Lille, Marseille, Montpellier (1905), Lyon (1906), Strasbourg (1921), Grenoble (1925), Bordeaux (1928), Toulouse et Alger (1940), Nancy (1943) et Nantes (1945). Après 1968 et la fin de la section architecture à l’ENSBA, de nouveaux établissements sont fondés sous le nom d’unités pédagogiques qui, s’ils sont davantage autonomes dans leur gestion de l'enseignement, demeurent cependant sous la tutelle d’une administration centrale. Alors que plusieurs monographies d’écoles ont été engagées ces dernières années (2), visant à éclairer notamment le contexte de leur création et leur évolution au cours du siècle à partir de sources écrites et orales souvent inédites, cette journée d’étude est dédiée à une double analyse : celle de l’empreinte intellectuelle, culturelle et bâtie de ces écoles sur environnement régional voire au-delà, et celle des perméabilités entre ces lieux d’enseignement et la sphère professionnelle.

En 2021, l’École d'architecture de Strasbourg célébrera le centenaire de sa création, par laquelle l’État souhaitait affirmer la puissance de l’École des beaux-arts face aux écoles techniques allemandes, en prônant une culture architecturale nationale. Son inauguration fut ainsi accompagnée en 1922 d’une exposition intitulée « L’œuvre des architectes de l’École française du milieu du XVIIe siècle à nos jours ». Cent ans plus tard, l’exposition « L’école d’architecture de Strasbourg (1921-2021) : une douce modernité en Alsace ? » interroge le bilan de la contribution apportée par cette école et ses acteurs sur le terrain local. Cette exposition offre un regard croisé entre la formation dispensée à l’École et la production bâtie de ceux qui en sont issus ou qui y ont enseigné depuis 100 ans. Quatre phases chronologiques illustrent les logiques à l’œuvre : le poids de l’héritage classique porté par des acteurs de l’administration des bâtiments civils et des monuments historiques tel Robert Danis, premier directeur de l’école (3) ; l’oscillation voire l’association entre traditions régionales et tentation moderne chez ses élèves, qui prennent les rênes de l’école et du milieu professionnel local après la Seconde Guerre mondiale, à l’instar de Gustave Stoskopf (4). Puis, les années 1970 marquent une période de crises et de bouillonnements dans le sillage de 1968 : l’école change de visage avec le recrutement de nouveaux enseignants issus d’autres formations et venus d’ailleurs (de Paris ou de l’étranger). De nouvelles disciplines font leur apparition, portant un regard autre, issu des sciences sociales, sur les environnements bâtis. Enfin, depuis la fin des années 1980, l’affirmation de la recherche et l’ouverture internationale accrue de l’école demeurent associées à la formation et la présence forte d’architectes actifs sur le terrain local.

Afin d’engager une logique comparative, cette journée d’étude invite à analyser l’héritage de ces écoles sur leurs territoires de leur création jusqu’à nos jours, à travers les parcours de leurs acteurs (enseignants, élèves, diplômés), l’évolution des milieux (milieu professionnel, réseaux) ou encore celle des formes architecturales et urbaines. Alors que l’historiographie de l’architecture a souvent mis en lumière des déclinaisons ou incursions locales du Mouvement moderne, nous proposons d’inverser la logique en partant de l’analyse du « local » afin d’observer les évolutions et effets de réception singuliers qui traversent ces « foyers ». Il s’agit donc d’interroger les interactions entre les sphères pédagogiques, professionnelles et culturelles en examinant la production des écoles entendue dans un sens large (bâtie, intellectuelle, culturelle…).

L’appel à contributions est ouvert à des approches plurielles notamment d’ordre historique ou sociologique et il encourage également l’observation de la période contemporaine. Les propositions de communication doivent s’inscrire dans l’un des trois axes proposés, et peuvent aussi couvrir plusieurs de ces champs de questionnements :

 

Axe 1 / Des modernités « régionales » ?

Au sein de cet axe, il s’agit d’observer les conditions d’hybridation des processus de modernisation (influences éventuelles du Mouvement moderne) à la persistance de traditions locales en examinant la production bâtie, urbaine ou théorique.

Dans quelle mesure et selon quelles conditions l’expression architecturale développée s’inscrit-elle dans l’affirmation d’une culture locale ? Comment la question des modèles régionaux, particulièrement vivaces à certaines périodes, a-t-elle perduré au XXe siècle et jusqu’à nos jours ? Quelles sont les relectures de traditions locales effectuées par les architectes ? De quelle manière le discours de modernisation – porté par les écrits d’architectes ou les revues professionnelles par exemple – est-il articulé à ces questions ?

L’analyse de situations transfrontalières, multiculturelles ou soumises à des influences croisées serait particulièrement bienvenue ici afin d’examiner la circulation, l’évolution ou la pérennité de certains modèles et archétypes régionaux.

 

Axe 2 / Vues d’ailleurs

Cet axe propose de nourrir la réflexion à deux niveaux, élargissant la focale au-delà du terrain de rayonnement local des écoles considérées. D’une part, il invite à l’étude des effets d’un cadre administratif centralisé, au fil du siècle, sur le monde de l’enseignement comme sur le secteur de la construction. Comment les réformes et les procédures dans ces deux domaines ont-elles permis de renouveler le paysage institutionnel et le paysage construit ? D’autre part, il propose de considérer l’apport d’acteurs « extérieurs », architectes parisiens ou d’ailleurs venant pratiquer ou enseigner dans une région donnée, en regardant les modalités de leur venue et de leurs collaborations sur le terrain local. Les effets de l’internationalisation du milieu de l’enseignement est également une piste féconde d’interrogation, en questionnant particulièrement la réception la réception locale des idées comme des pratiques de ces enseignants.

Enfin, à l’instar de la carrière exemplaire de Roland Schweitzer (5), menée en grande partie en dehors du giron alsacien, il serait aussi pertinent d’examiner les effets « d’exportation » d’architectes du cru lorsqu’ils s’éloignent de leur terre d’origine. On peut aussi, par ce biais, questionner la constitution, les effets de diffusion et de médiatisation de groupes ou d’écoles de pensée nées au sein de lieux d’enseignements.

 

Axe 3 / De l’école aux chantiers

Ce dernier axe porte plus spécifiquement sur les rapports entretenus entre l'enseignement de l’architecture et la profession. La porosité entre la production des élèves et le milieu local pourra être observée au travers de plusieurs aspects, notamment l’ancrage des projets sur des sites réels ou inspirés par des chantiers en cours ou récemment achevés. En effet, quel est l’impact de l’actualité de la production bâtie à l’échelle locale sur les travaux des élèves, notamment les diplômes, tant d’un point de vue esthétique, technique que programmatique ? Les travaux d’élèves sont-ils l’expression d’une activité professionnelle engagée durant les études, et rattachée à la figure d’un maître ? En cela, traduisent-ils des collaborations qui se nouent entre élèves et enseignants, et sont-ils réalisés ?

Les relations entre enseignement et profession pourront par ailleurs être observées par le biais des réseaux qui, constitués parfois dès les bancs de l’école, se consolident au sein d’agences, de collectifs mais aussi de structures institutionnelles ou de sociabilités (Ordre des architectes, syndicats, CAUE ou maisons de l’architecture notamment). Comment naissent et se développent, par-delà le milieu scolaire, ces collaborations ?

Enfin, il s’agira d’interroger la manière dont des enseignements sont mobilisés par les architectes dans l’exercice même de leur production. Constate-t-on des inflexions théoriques et bâties de maîtres à élèves ? Les effets de générations, ou de filiations de pensées, s’expriment-elles à l’occasion des projets architecturaux ?

 

Modalités de remise des propositions

Les propositions sont à envoyer pour le lundi 5 juillet 2021, aux adresses suivantes : gauthier.bolle@strasbourg.archi.fr, amandine.diener@univ-brest.fr, nicolas.lefort68[at]orange.fr, cecile.riviere[at]strasbourg.archi.fr

Elles se composeront d’un argumentaire d’une page environ, accompagné de la mention des sources mobilisées et d’une bibliographie succincte, ainsi que d'une courte présentation biographique.

Le retour sur les propositions retenues se fera début septembre 2021.

 

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1. Amandine Diener, Enseigner l’architecture aux Beaux-Arts (1863-1968). Entre réformes et traditions, Presses universitaires de Rennes (à paraître).

2. Dominique Amouroux (dir.), Le livre de l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes, Gollion, Infolio, 2009 ; Anne-Marie Châtelet et Franck Storne (dir.) avec la collaboration de Bob Fleck et d’Amandine Diener, Des Beaux-Arts à l’Université, enseigner l’architecture à Strasbourg, Éditions Recherches, Paris, 2013 ; Enrico Chapel et Constance Ringon, L'enseignement de l'architecture à Toulouse : prémices d’une histoire, Paris, Archibooks , 2020 ; Marie-Jeanne Dumont et Antoine Perron, UP8. Pour une pédagogie de l’architecture, Paris, Zeug/Énsa-PB, 2020 : Philippe Dufieux (dir.), L’École d’architecture de Lyon, un manifeste architectural, Lyon, Libel, 2020.

3. Nicolas Lefort, « Les services d’architecture de l’État, des départements et des communes en Alsace et Lorraine après leur retour à la France : réorganisation et recrutement (1919-1939) », Études de lettres [En ligne], 1, 2017 [http://journals.openedition.org/edl/972].

4. Gauthier Bolle, C.-G. Stoskopf (1907-2004), architecte : les Trente Glorieuses et la réinvention des traditions, Presses Universitaires de Rennes, 2017 ; « De l’École régionale d’architecture de Strasbourg au milieu local ; figures, acteurs, réseaux (1945-75) », Carnet du Comité d'histoire du Ministère de la culture [En ligne], avril 2017. [http://chmcc.hypotheses.org/3036]

5. Roland Schweitzer, Roland Schweitzer, Un parcours d’architecte, Paris, Arsign éditions, 2014.

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Actualités de l'ARCHE
news-8764 Mon, 29 Mar 2021 09:59:26 +0200 Carnets de notes, carnets de références, musées de papier. Regards croisés sur la culture visuelle des artistes et le processus de création du Moyen Âge à nos jours /actualites/actualite/carnets-de-notes-carnets-de-references-musees-de-papier-regards-croises-sur-la-culture-visuelle-des-artistes-et-le-processus-de-creation-du-moyen-age-a-nos-jours Colloque international. 24-25 mars 2022. Carnets de notes, carnets de références, musées de papier. Regards croisés sur la culture visuelle des artistes et le processus de création du Moyen Âge à nos jours

 

Colloque international
Université de Strasbourg
24-25 mars 2022
Auditorium de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

 

Appel à communications

 

La question du bagage culturel des artistes – par-delà leur formation et quelle que soit leur période d’activité – a déjà été abordée aussi bien par des publications que lors de colloques. Si les carnets de voyage des artistes témoignent d’une pratique essentielle à leur formation1, ils révèlent également la volonté de conserver le souvenir d’œuvres découvertes au cours de leurs pérégrinations qui sont autant de références dans lesquelles l’artiste est susceptible de venir puiser son inspiration. L’utilité du voyage est parfois parfaitement assumée : c’est bien pour trouver une solution au couvrement de la croisée du transept de la cathédrale de Florence que Brunelleschi entreprend des voyages à Rome afin d’y étudier la construction du Panthéon. D’autres fois le modèle rencontré lors du voyage s’impose à l’artiste sans que celui-ci semble l’avoir recherché : c’est au hasard de ses pérégrinations italiennes que Le Corbusier a sans doute découvert la solution idéale pour la conception de la maison ouvrière2.

Le même Le Corbusier a par ailleurs parfaitement exprimé le processus créatif qui s’opère à partir de références vues lorsqu’il écrit qu’un artiste « regarde avec ses yeux et [...] dessine afin de pousser à l'intérieur, dans sa propre histoire, les choses vues. Une fois les choses entrées par le travail du crayon, elles restent dedans pour la vie ; elles sont écrites, elles sont inscrites. [...] Dessiner soi-même, suivre des profils, occuper des surfaces, reconnaître des volumes, etc., c'est d'abord regarder, c'est être apte peut-être à observer, apte peut-être à découvrir... À ce moment-là, le phénomène inventif peut survenir »3.

Mais que penser des nombreux autres carnets d’artistes, les carnets de notes ou de références sur les pages desquels sont dessinés des « objets », parfois intrigants du fait de leur variété, ou collés des documents de natures diverses (dessins, gravures, coupures issues de diverses publications, photographies...) ? Ici, à l’évidence, la démarche de l’artiste consiste à rassembler des images qui l’ont séduit – parfois même au cours de ses déplacements -, interpellé, intéressé à un titre ou à un autre et dont il souhaite conserver la trace à des fins documentaires ou dans l’idée de les réutiliser, au moins partiellement. À la manière des tableaux accrochés aux murs d’un musée du XIXe siècle, les différents éléments rassemblés sont dessinés ou collés souvent à touche-touche, parfois même dans des sens différents et sans ordre apparent. Les artistes de toutes les disciplines (architecture, peinture, sculpture, arts décoratifs4) se sont adonné à cette pratique au cours du XIXe siècle, créant ainsi de véritables « musées de papier » ou « musées imaginaires »5. Reprenant l’idée formulée par André Malraux6, qui voyait là la possibilité de réunir fictivement – via la reproduction photographique – des œuvres géographiquement dispersées afin de les confronter, le musée imaginaire des artistes peut être vu comme le corpus au sein duquel les artistes viennent puiser leur inspiration. Car il s’agit bien là de l’objet de ce présent colloque : « questionner la pluralité des sources d’inspiration [des artistes], la construction de leur imaginaire et leurs voies d’accès à la culture des images »7 pour leurs créations propres.

Qu’en est-il pour les siècles antérieurs ? Par bien des aspects, un parallèle peut en effet être fait entre ces carnets de notes ou carnets de références et le fameux Album de Villard de Honnecourt du début du XIIIe siècle dans lequel on constate également un grand éclectisme dans les sujets représentés, la même saturation des pages avec des dessins disposés en tout sens et une organisation dont la logique est tout aussi difficile à percevoir8. Dans ce cas d’ailleurs, les genres du carnet de notes – écrites ou graphiques – aide-mémoire et du carnet de voyages se mêlent puisque Villard, comme il l’indique lui-même, a voyagé en diverses contrées, ainsi que l’attestent aussi ses dessins. Le Karlsruher Skizzenbuch de Hans Baldung Grien, réalisé entre 1511 et 1545, montre également une grande variété des sujets (paysages, ville, animaux, portraits, etc), toujours étudiés d’après nature9. S’il n’est pas toujours possible d’identifier précisément les « modèles » de l’artiste, nombreux sont dans ce cas les liens qui peuvent être établis entre ses dessins et ses tableaux et estampes, éclairant bien ainsi l’usage de ce carnet comme recueil de motifs à recomposer, qu’il convient de distinguer des feuillets d’études d’un Pisanello par exemple, mais aussi du carnet de modèles par destination, c’est-à-dire conçu et créé à cette seule fin et à destination d’autres artistes.

L’objectif du colloque n’est pas de dresser un inventaire – forcément lacunaire – des carnets de notes ou de références qui existent10, mais bien plutôt de tenter l’analyse de leur mode de conception ainsi que de l’usage, ou plus sûrement des usages (documentaire, de mémorisation, de modèle) qui ont pu en être faits par les artistes eux-mêmes au travers de leurs réalisations. Pour les époques plus anciennes, pour lesquelles ces carnets manquent le plus souvent, la reconstitution virtuelle de tels portfolios pourrait être tentée au regard de la production d’un artiste ou artisan. En effet, si le recours à ces corpus de références est plus rarement documenté, il n’en est pas moins hautement probable. Or l’analyse des œuvres attribuées à un même individu ou à une même équipe d’ouvriers – méthode traditionnelle en histoire de l’art – permet de se faire une idée, au moins partielle, de son bagage culturel et artistique. Partant, et même si la tâche n’est pas facile car nous échappe tout ce qui n’a finalement pas servi, un regroupement de ces possibles références personnelles pourrait être tenté qui, de manière sous-jacente, fera transparaître aussi la question des modèles, des media permettant leur circulation, leur transmission, tout autant que celle de leur réception.

C’est ce que la mise en regard de ces pratiques, de façon diachronique et en les faisantdialoguer les unes avec les autres, pourrait à l’issue permettre de mieux comprendre, cellesles plus récentes pouvant peut-être éclairer les plus anciennes. À cette fin, les contributionsabordant les périodes les plus anciennes seront particulièrement appréciées, et ce malgré unedocumentation directe moins abondante.


Organisation scientifique

Denise Borlée, maître de conférences en Histoire de l’art médiéval

Hervé Doucet, maître de conférences en Histoire de l’art contemporain

Institut d’Histoire de l’art, Université de Strasbourg, UR 3400 ARCHE

 

Comité scientifique

Marion Boudon Machuel, professeur d’histoire de l’art moderne, université de Tours

Gwenaël Citérin, responsable Arts et Iconographie, bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Julie Ramos, professeur d’histoire de l’art contemporain, université de Strasbourg

Laurence Riviale, maître de conférences HDR en histoire de l’art moderne, université Clermont Auvergne

Jérôme Schweitzer, conservateur des bibliothèques, bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Catherine Soulé-Sandic, cheffe du département arts, langues, littératures et aires culturelles, bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Laurence Terrier Aliferis, chargée d’enseignement et chercheure avancée, université de Neuchâtel

 

Informations pratiques

Ce colloque se tiendra à Strasbourg les 24 et 25 mars 2022. Les communications seront de 25 mn.

Langues acceptées : français et anglais.

Les propositions sont à envoyer par courriel aux organisateurs pour le 15 mai 2021 au plus tard, sous la forme d’un résumé (3000 caractères maximum) accompagné d’un titre et d’un bref curriculum vitae de l’auteur.

Renseignements et contact : borlee[at]unistra.fr et/ou hdoucet[at]unistra.fr

L’acceptation des propositions sera notifiée au début du mois de juillet 2021.

 

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1.  Véronique Meyer et Marie-Luce Pujalte-Fraysse (dir.), Voyage d’artistes en Italie du Nord. XVIe-XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011. Tiphaine Larroque, Claire Le Thomas et M. Demange (dir.), Voyages d’artistes. Entre tradition & modernité, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2016. Voir également la récente exposition du Musée des beaux de Dijon : Le Grand tour. Voyage(s) d’artistes en Orient, (novembre 2019-mars 2020).

2.  Le Corbusier écrit en 1907 : « Je suis allé hier à la Chartreuse (...) j’y ai trouvé la solution de la maison ouvrière type ». Il s’agit de la chartreuse d’Ema dont il entreprend la visite pour suivre les écrits de John Ruskin. Le Corbusier, Correspondance - tome 1 Lettres à la famille 1900-1925, Paris, In Folio, 2011.

3.  Le Corbusier, L'atelier de la recherche patiente, Paris, Éditions Vincent Fréal, 1960, cité par Marc Bedarida dans l'introduction de l'ouvrage Voyage d'orient, 1910-1911.

4. C’est également le cas d’industriels d’art comme Antonin Daum. Mireille Bouvet, « Le « Musée imaginaire » d’Antonin Daum », dans François Loyer (dir), L’École de Nancy et les arts décoratifs en Europe, Metz, Éditions Serpenoise, 2000, p. 46-59.

5. Le colloque « Un portrait intérieur. Le Musée imaginaire des Impressionnistes » s’est tenu à Rouen les 6 et 7 septembre 2016.

6.  André Malraux, Le Musée imaginaire, 1947.

7. Voir appel à communications du colloque : http://blog.apahau.org/appel-a-communication-un-portrait-interieur-le-musee-imaginaire-des-impressionnistes-6-7-septembre-2016-rouen/

BnF, ms fr. 19093.

9   Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle, inv. VIII 1062. Holgern Jacob-Friessen (dir.), Hans Baldung Grien : sacré-profane, catalogue d’exposition, Berlin, Deutscher Kunstverlag, 2020, p. 271-289.

10   Pour n’évoquer que Strasbourg, des carnets de références encore non étudiés sont conservés à la Bibliothèquenationale et universitaire, aux Archives de la ville et de l’Eurométropole et au Cabinet des Estampes.

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Actualités de l'ARCHE
news-1855 Fri, 29 Jan 2021 11:19:06 +0100 Offre de Stage - Architecture et traitement de données /actualites/actualite/offre-de-stage-architecture-et-traitement-de-donnees L'Unité de Recherche propose un stage de 3 mois à temps plein, visant à participer à l'architecture et au traitement des données du laboratoire... L'Unité de Recherche ARCHE UR3400 (Arts, civilisation & histoire de l'Europe - Université de Strasbourg) propose un stage de 3 mois à temps plein, visant à participer à l'architecture et au traitement des données
du laboratoire en s'appuyant sur différents outils (Heurist, BaseX, Nakala, etc.) et technologies (notamment XML) pour répondre aux besoins des chercheur.e.s et aux spécificités des travaux en cours.

L'UR3400 se compose d'historien.ne.s et historien.ne.s de l'art et de l'architecture spécialisé.e.s sur les périodes médiévale, moderne et contemporaine.

Les missions du stage seront réalisées en collaboration avec l'ingénieur d'études du laboratoire.

 

Missions

  • Élaborer des solutions d'intégration et d'interconnexion de différents outils afin de fluidifier la chaîne de production des données, leur gestion et leur traitement.

En fonction du profil et des compétences du/de la stagiaire, le stage comportera également l'une ou l'autre de ces missions :

  • Intégration web et réalisation d'interfaces de visualisation (langages web)
  • Automatisation du traitement des données (récupération via API, transformations, etc.
  • Enrichissement et amélioration de métadonnées (XML-TEI)

 

Profil

  • Étudiant.e de Master 1 ou 2 en Humanités Numériques
  • Intérêt pour les Sciences Historiques
  • Connaissances des technologies XML et du vocabulaire TEI
  • La pratique d'un langage de script (Python, PHP, etc.) et/ou la connaissance des langages web sont un plus mais ces compétences pourront être développées pendant le stage

 

Apports

  • Familiarisation avec le fonctionnement d'un laboratoire de recherche, ses réseaux et partenaires.
  • Participation aux volets techniques de projets de recherches en Sciences Historiques.
  • Formation à des outils de production et exploitation de données et à des langages de script.

 

Informations

  • Date limite de candidature : 15 février 2021
  • Contact : Guillaume Porte - gporte@unistra.fr - 03.68.85.69.11
  • Structure de recrutement : ARCHE UR3400 (Arts, civilisation & histoire de l'Europe) - Université de Strasbourg.
  • Directrice : Catherine Maurer
  • Gratification : en vigueur
  • Durée du stage : 3 mois, 35h/semaine
  • Prise de fonction : mars ou avril 2021
  • Lieu de travail : Palais Universitaire, Place de l'Université, 67000 Strasbourg.
    Un aménagement en télétravail sera envisagé selon l'évolution de la situation sanitaire
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Actualités de l'ARCHE
news-1795 Mon, 04 Jan 2021 11:03:19 +0100 Hélène Braeuner reçoit le prix Durand-Reville /actualites/actualite/helene-brauener-recoit-le-prix-durand-reville Toute l'équipe s'associe pour féliciter Hélène Braeuner, docteure de l'ARCHE, pour l'obtention du prix Durand-Reville décerné par l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, pour sa thèse publiée : Images du canal de Suez : une autre vision de l’Orient

Une recension à lire à cette adresse : http://www.academieoutremer.fr/presentation-bibliotheque-les-recensions-du-carasom/?aId=2162

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Hélène Braeuner
Images du canal de Suez : une autre vision de l’Orient

Pages : 498 pages
Parution : sept. 2019
ISBN : 979-10-92054-81-1

 

 

 

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Actualités de l'ARCHE
news-1721 Fri, 04 Dec 2020 07:43:46 +0100 Bernard Vogler (1935-2020) /actualites/actualite/bernard-vogler-1935-2020 Les membres d’ARCHE saluent la mémoire de leur collègue Bernard Vogler, décédé le 2 décembre 2020.

"Nulla dies sine linea", écrivait Pline. "Nul jour sans ligne" et "Kein Tag ohne Zeile", semblait répondre en écho, parfaitement bilingue, Bernard Vogler (1935-2020), directeur de l'Institut d'Histoire d'Alsace de 1976 à 2003 et membre d’ARCHE depuis sa fondation. Ce luthérien, issu d'une famille modeste d’Obermodern (Bas-Rhin), a fait sien l'adage protestant "Sola scriptura". Sa bibliographie s'avère particulièrement riche. Elle comporte, entre autres, des titres incontournables comme Histoire culturelle de l'Alsace, Histoire politique de l'Alsace, Histoire économique de l'Alsace (en collaboration avec Michel Hau) et Histoire des chrétiens d'Alsace, son ouvrage préféré, pour cause d'ego-histoire : Bernard Vogler était marié à Chantal Fischer, maîtresse de conférences d’histoire romaine à l’université de Lyon, catholique, et l’une de leurs six enfants est pasteure. Ses ouvrages témoignent de deux traits de caractère : un sens de la synthèse et une volonté assumée d'écrire de façon claire, au rebours d'un style littéraire flamboyant.

Protestant, il l’était, jusqu'à devenir chanoine de Saint-Thomas comme son collègue Georges Livet (1916-2002). L'Alsace, il l'aimait jusqu'à en faire déborder quelques décennies de son agenda de quasi-ministre. Dans le domaine universitaire, Bernard Vogler s'est engagé dans de très nombreuses structures ou associations. Il a dirigé de multiples projets éditoriaux, à une époque où la recherche nationale voulait s'appuyer sur la somme des études régionales avant la nécessaire synthèse privilégiant les nuances. Le "service en ville" cher à Marc Bloch faisait partie de ses préoccupations : nombreuses conférences du nord au sud de l'Alsace pour populariser son enseignement, émissions de télévision, en français et en alsacien, plus rarement en allemand, chroniques régulières dans les journaux régionaux. La République a reconnu les engagements de ce boulimique du travail : Légion d'Honneur, Mérite, Palmes Académiques. De nombreux prix jalonnent son parcours d'excellence.

On trouvera un curriculum vitae classique dans le Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne (article de Marc Lienhard, p. 4023) et dans Terres d’Alsace. Chemins de l’Europe, mélanges offerts à Bernard Vogler par François Igersheim et Dominique Dinet et parus en 2003 aux Presses universitaires de Strasbourg.

Nécrologie réalisée par Claude Muller.

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news-1308 Wed, 18 Nov 2020 12:14:00 +0100 Nouveaux membres /actualites/actualite/nouveaux-membres L'équipe ARCHE s'agrandit de 3 nouveaux membres titulaires]]> Actualités de l'ARCHE news-1629 Tue, 17 Nov 2020 00:00:00 +0100 Loi de Programmation de la Recherche /actualites/actualite/loi-de-programmation-de-la-recherche-1 Motion de l'Assemblée Générale du 17 novembre 2020

Face au refus du gouvernement et du Parlement de prendre en compte le point de vue des principaux représentants de la communauté de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur en France, l'ARCHE UR3400, réunie en Assemblée Générale le 17 novembre 2020, confirme son profond désaccord à l'égard de la Loi Programmation de la Recherche dans ses modalités actuelles, dans la continuité de la motion adoptée par le Conseil de Laboratoire le 3 mars 2020.

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news-1307 Mon, 02 Nov 2020 12:14:00 +0100 Situation sanitaire http://www.unistra.fr/index.php?id=point-coronavirus Restez informés sur les mesures et recommandations à l'Université de Strasbourg

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news-1643 Thu, 09 Apr 2020 15:07:00 +0200 Les monstres : Cette étrange séduction. http://leparatonnerre.fr/2020/04/08/les-monstres-cette-etrange-seduction/?fbclid=IwAR3Nk9FOniqy-cDCfkUgsyefOWLPHqU1UmaPuuzp7IzDt7Qy36vKVckD5Hk Entretien avec Martial Guédron Actualités de l'ARCHE news-1309 Mon, 30 Mar 2020 12:14:00 +0200 Francis Rapp (27 juin 1926 – 29 mars 2020) /actualites/actualite/francis-rapp Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Strasbourg jusqu’en 1991, membre de l’Académie des inscriptions et Belles-Lettres depuis 1994, Francis Rapp s’est éteint à Angers le 29 mars, dans sa quatre-vingt-quatorzième année, victime de l’épidémie de coronavirus. Il avait été très affecté par la perte de son épouse, Marie Rose, décédée en 2018. Le couple avait trois fils et des petits-enfants.

Reçu premier au CAPES d’histoire-géographie et à l’agrégation d’histoire en 1952, pensionnaire à la fondation Thiers jusqu’en 1956, il avait alors obtenu un poste d’assistant en histoire moderne et contemporaine à Strasbourg puis de chargé d’enseignement en histoire médiévale à Nancy, de 1961 à son retour à Strasbourg cinq ans plus tard. Il avait succédé à Philippe Dollinger en tant que professeur en 1974. Sa passion pour l’histoire médiévale s’était affirmée dès 1949, à travers un diplôme d’études supérieures consacré aux châteaux-forts alsaciens. Elle s’était rapidement orientée vers l’histoire de l’Église, à laquelle il avait consacré l’un des grands manuels de la « Nouvelle Clio », L’Eglise et la vie religieuse en Occident à la fin du Moyen Âge, Paris, 1971, réédité à plusieurs reprises, et son doctorat d’État, soutenu en 1972 et paru l’année suivante sous le titre Réformes et réformation à Strasbourg. Eglise et société dans le diocèse de Strasbourg (1450-1525). Préparée sous le parrainage de Robert Folz et de Jean Schneider, cette thèse porte sur les efforts infructueux menés par l’Église pour réformer ses pratiques et ses institutions face aux attentes toujours plus fortes des fidèles : c’est un jalon essentiel dans la compréhension de la Réforme.

Ses publications ultérieures se sont principalement focalisées sur la chrétienté médiévale, sur les pays germaniques et sur l’Alsace. La trilogie formée par Les origines médiévales de l'Allemagne moderne. De Charles IV à Charles Quint (1346-1519) (Aubier, 1989), Le Saint Empire romain germanique.  D’Otton le Grand à Charles Quint (Tallandier, 2001) et Maximilien d’Autriche (Tallandier, 2007) n’avait pas d’équivalent en langue française.  Elle peut être complétée pas sa belle synthèse sur l’Église au temps des crises, Christentum IV : Zwischen Mittelalter und Neuzeit (1378-1552), (Kohlhammer, 2006), directement rédigée en allemand. Tout en s’adressant à un large public, ces ouvrages constituent des références incontournables qui associent l’érudition la plus sûre à une qualité d’écriture remarquable.

Brillant chercheur doublé d’un pédagogue hors pair, reconnu aussi bien pour son autorité scientifique que pour sa personnalité chaleureuse, Francis Rapp a profondément marqué le milieu des spécialistes de la période médiévale, mais n’a jamais hésité à en franchir les limites chronologiques. Il a dirigé un certain nombre d’entreprises collectives, notamment la grande Histoire de Strasbourg en quatre tomes, pilotée avec Georges Livet (DNA-Istra, 1981-1982) qui reste indépassée.  D’innombrables articles lui ont permis de partager ses analyses sur des sujets aussi divers que la mystique rhénane, les chevaliers-brigands, les insurrections paysannes ou la Première Guerre mondiale, dans les revues les plus prestigieuses aussi bien que dans des publications locales.

Jusqu’à ces derniers mois, son rayonnement est venu illustrer ce que Marc Bloch, son prédécesseur, avait appelé le « service en ville » : porter la connaissance au plus grand nombre, par des conférences et par une présence sur le terrain au sein des sociétés savantes. Cette « pastorale de l’histoire » a fait naître de nombreuses vocations auprès de ses étudiants et de ses auditeurs. En effet, tout au long de sa vie, Francis Rapp s’est donné la mission de comprendre et de faire comprendre, en ramenant l’histoire sur le terrain de l’enquête, et la fonction de l’historien du côté de l’avocat – le métier de son père ‒, et non du procureur.

Né à Strasbourg le 27 juin 1926 dans une famille catholique bien enracinée dans le vignoble de Moyenne Alsace, grandi à l’école du scoutisme, il avait connu l’épreuve, terrible, de l’annexion nazie, aux antipodes de la vocation militaire qui lui faisait rêver de Saint-Cyr. Vocation définitivement contrariée en 1944, après s’être rendu malade pour se soustraire à l’incorporation de force des garçons de sa génération. L’Université y a gagné un maître et l’Alsace, un médiateur fidèle et bienveillant, au carrefour d’une Allemagne redevenue, à ses yeux, celle des Dichter und Denker, des poètes et des penseurs, et non celle des Richter und Hencker, des juges et des bourreaux qu’il avait côtoyée, et de la France de Jeanne d’Arc et de Marc Bloch dont il se réclamait.

Historien de l’Église, Francis Rapp se reconnaissait aussi dans les figures tutélaires de François d’Assise et du prédicateur Jean Geiler de Kaysersberg : il tenait du premier la foi des Fioretti, l’humilité et le goût de la paix ; du second, la puissance des images et des mots, le sens de l’engagement et même, parfois, de la provocation, et des deux, celui de l’humanité.

(texte de Georges Bischoff)

 

Jean-Michel MEHL, « Francis Rapp : un historien amoureux », Mélanges offerts à Francis Rapp, Revue d’Alsace, n°122, 1996, p. 5-8.
Pierre RACINE, « Hommage à Francis Rapp », Revue des Sciences religieuses, 69-2, 1995, p. 143-145.
François-Joseph FUCHS, « Francis Rapp », Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne, fasc. 30, 1997, p. 3083-3084.
La bibliographie des travaux de Francis Rapp publiée dans le n°122 de la Revue d’Alsace sera complétée dans le volume à paraître en 2020.

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news-1644 Wed, 25 Mar 2020 10:17:00 +0100 La guerre de 1870, conflit européen, conflit global http://www.recherche.unistra.fr/index.php?id=31585 Cette année marque le 150e anniversaire du conflit franco-allemand de 1870. A travers un colloque, des chercheurs de l’unité de recherche Arts civilisation et histoire de l'Europe (Arche) se sont penchés sur cette guerre mal connue, souvent qualifiée d’oubliée... Actualités de l'ARCHE news-1628 Tue, 03 Mar 2020 00:00:00 +0100 Loi de Programmation de la Recherche /actualites/actualite/loi-de-programmation-de-la-recherche Motion du conseil de Laboratoire du 3 mars 2020 Lors de sa réunion du 3 mars 2020, le conseil de laboratoire de l’UR ARCHE a décidé à l’unanimité de s’associer à la motion votée par le congrès de l’université le 28 janvier 2020 :

“Le Congrès de l’Université de Strasbourg réuni le 28 janvier 2020 est inquiet quant aux perspectives que dessine l’avant-projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Plusieurs éléments actuellement proposés sont en effet de nature à porter un préjudice irréversible à la recherche publique : concentration accrue des financements sur quelques établissements et équipes, choix de privilégier les financements sur projet au détriment de financements récurrents pour refinancer l'ESR, modulation des services des enseignants-chercheurs, arrêt des recrutements d’enseignants-chercheurs et d'autres personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche titulaires au profit de recrutements temporaires et précaires.

Par conséquent, le congrès s’oppose à tous ces éléments qui remettraient en cause les principes suivants :

1/ Toute politique de recherche suppose que soit garanti le principe de liberté et de pluralité des activités académiques et scientifiques et d’en assurer la mise en oeuvre par des financements récurrents et importants.

2/ Une politique des sciences doit se fonder sur une approche coopérative de la production de la connaissance et non pas seulement sur la mise en concurrence systématique des laboratoires et des personnes qu’induisent les instruments de sélection par appels à projets.

3/ Toute politique de recherche doit s’appuyer sur un plan ambitieux de recrutements de titulaires (enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATSS et IT) permettant au minimum de revenir aux effectifs de 2005 et de résorber une précarité endémique des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, nuisible non seulement à leur qualité de vie mais aussi à la production et à la diffusion scientifique.”

Le conseil de laboratoire de l’UR ARCHE appelle les membres d’ARCHE à s’associer à la journée de mobilisation du 5 mars et à ses suites.

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news-1646 Fri, 21 Feb 2020 14:19:00 +0100 Le travail d’hier, d’aujourd’hui... et de demain /actualites/actualite/3e-journee-doctorale-du-grand-est-en-shs 3e journée doctorale du grand Est en SHS

Reims, 28 avril 2020

https://journeedoctoralesh.wixsite.com/website

 

Les sciologues Georges Friedmann et Pierre Naville (1961-1962) ont érigé dans leur traité le travail en élément ordonnateur des sociétés, l’étudiant essentiellement sous sa forme salariée.La centralité du travail déjà pointée par Karl Marx (1994 [1857]) qui le considérait comme un rapport social fondamental mettant en branle la totalité de la société et de ses institutions sera mise en question par de nombreuses thèses soutenant la fin des sociétés fondées sur le travail. Les récentes enquêtes montrent d’ailleurs que si les individus accordent toujours une grande importance au travail, ils/elles le situent derrière d’autres valeurs comme la famille et souhaitent le voir prendre moins de place dans leur vie (Méda, Vendramin, 2013). Le rapport au travail a donc changé même si les attentes à son égard sont toujours aussi fortes. Les tensions au travail où tout à la fois s’exerce le rapport de domination et où s’expérimente la lutte pour l’émancipation (Dejours, 2009) se manifestent avec d’autant plus d’acuité aujourd’hui que le travail ne serait plus en mesure de remplir ses fonctions économiques, sociales, psychologiques, symboliques, juridiques et/ou politiques. Et si comme Janus, le travail a bien deux visages avec, d’un côté la servitude et la souffrance, et de l’autre, la libération et la réussite, ce serait davantage le premier que la crise contemporaine du travail révèlerait en touchant au registre du faire, de l’avoir et de l’être : « une activité dévalorisée, non reconnue ou qui perd son sens ; des rétributions qui ne sont pas ou plus à la hauteur des contributions
attendues ; une vulnérabilité identitaire qui provoque un manque à être (...) » (de Gaulejac, 2011, p. 27).

Pour saisir la réalité de cette crise, la troisième journée doctorale Grand Est en SHS propose de revenir à la question du travail et de ses mutations. Les disciplines des SHS – la philosophie, l’histoire, le droit, la géographie, la psychologie, la sociologie, la littérature, les sciences du langage, la science politique, les sciences de l’éducation et de la formation... – se sont attachées, chacune à leur manière, à comprendre les collectivités humaines qui se constituent à l’occasion du travail et ont fourni des analyses qui permettent de penser le travail d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Si l’étymologie du terme travail – tripalus ou tripalium – renvoie aux trois poteaux pourimmobiliser l’animal à ferrer et l’assimile à la peine, à la souffrance – une représentation négative du travail qui culminera jusque dans la thèse de Hannah Arendt (1961) qui oppose l’animal laborans qui travaille pour subvenir à ses besoins vitaux de l’homo faber qui œuvre pour participer au monde commun –, de nombreuses pensées du travail emprunteront uneapproche beaucoup plus dialectique soulignant son ambivalence intrinsèque, entre hétéronomie et autonomie. La philosophie et l’économie participeront à revaloriser le travail dès le XVII e siècle, mais c’est surtout la science du travail qui émerge à la fin du XIX e qui transformera la perception de ce dernier, célébrant l’énergie déployée du corps travaillant (Rabinbach, 2004). Mais tout en louant la puissance énergétique du travail humain, elle découvre également son envers : la fatigue. La question de « la souffrance au travail » qui occupe le devant de la scène des débats sociaux aujourd’hui n’est pas sans rappeler les problèmes croissants de la neurasthénie et de la fatigue qui se posaient à la fin du XIX e siècle. Les sciences établies du travail aujourd’hui, par l’intermédiaire de ses philosophes, ergonomes, psychologues et sociologues ne (ré)affirment-elles pas la centralité du travail et des fonctions qu’il remplit mais tout en révélant dans le même temps l’expression de la crise qu’il traverse : la souffrance ?

Plus qu’aux symptômes, la journée doctorale Grand Est en SHS s’intéressera aux formes de mise au travail, anciennes et nouvelles mais aussi réfléchira, dans une perspective plus prospective, à celles à venir. La région Grand Est livre d’ailleurs des terrains d’enquête variés et pertinents pour interroger les dynamiques de travail liées à la tertiarisation de l’économie et la transformation du marché du travail. Les communications pourront porter sur les dimensions technologiques, communicationnelles, organisationnelles, managériales, gestionnaires, etc. qui ont bouleversé ou bouleversent le travail. Elles pourront traiter également des tendances lourdes d’évolution du travail engagées par la robotisation, la transformation numérique, la plate-formisation ou ubérisation du travail... Comment la robotique, la cobotique, l’intelligence artificielle... changent-elles le travail ? Quelles sont les formes et pratiques de travail médiées par les plateformes numériques ? Quelles sont les conséquences pour les métiers et qualifications d’aujourd’hui ? Quelles sont les formations et compétences nécessaires pour les métiers de demain ? Les évolutions s’accompagnent-elles de nouveaux modes d’organisation et de management du travail ? Quels types de régulations du travail disparaissent et quels autres apparaissent ? Quelles sont les nouvelles protections pour les travailleurs du XXI e siècle ? Quelle place pour le travail dans les sociétés modernes ? Toutes les propositions doivent rester dans le champ de la thématique du travail d’hier, d’aujourd’hui et de demain, quel que soit le domaine disciplinaire de leur observation et de leur analyse. Dans cette perspective, et de manière non limitative, plusieurs axes de réflexion sont possibles :

- Autour des différentes conceptions, représentations, récits du travail d’hier, d’aujourd’hui et de demain ;
- Autour de l’ambivalence intrinsèque du travail dans ses formes anciennes ou nouvelles : entre hétéronomie et autonomie, entre domination et émancipation ;
- Autour des évolutions et mutations du travail et de leurs conséquences sur les expériences et identités professionnelles...

 

Références citées

Arendt H., 1961, Condition de l’homme moderne, Paris, Presses Pocket.
Dejours C., 2009, Travail vivant, Paris, Payot, deux volumes.
Friedmann G., Naville P., 1961-1962, Traité de sociologie du travail, Paris, Armand Colin,
deux volumes.de Gaulejac V., 2011, Travail, les raisons de la colère, Paris, La Découverte.
Marx K., 1994 [1857], Philosophie [Introduction générale à la critique de l’économie politique], Paris, Gallimard (édition établie et annotée par Maximilien Rubel).
Méda D., Vendramin P., 2013, Réinventer le travail, Paris, Presses universitaires de France.
Rabinbach A., 2004, Le moteur humain. L’énergie, la fatigue et les origines de la modernité, Paris, La fabrique.

 

Candidature

Le comité organisateur attend les propositions des doctorant.e.s pour le lundi 2 mars 2020 au plus tard, sous forme d’un dossier PDF à adresser à jorge.valdenebro-sanchez@univ-lorraine.fr.

Ce dossier comprendra les coordonnées personnelles du/de la doctorant.e (nom, prénom, adresse mail, laboratoire et université de rattachement), un exposé d’une page (3000 signes maximum) et une bibliographie d’une dizaine de titres.

Les doctorant.e.s seront informé.e.s de la pertinence de leur communication le 11 mars 2020.

Les informations concernant les modalités sur place seront communiquées ultérieurement.Comité scientifique de la Journée Doctorale

 

Organisteurs

Doctorants de l’Université de Lorraine
Sophie Noël sophienoel@studiolux.com
Laura Lepage laura.lepage@univ-lorraine.fr
Axelle Rouge axellerouge@hotmail.com
Ibrahima Souare souareibrahima91@gmail.com
Mathilde Igier mathilde.igier@univ-lorraine.fr
Fenel Bourdeau pfbourdeau22@hotmail.com
Johann Araya-Mendez johann.araya-mendez@univ-lorraine.fr
Jorge Valdenebro Sánchez jorge.valdenebro-sanchez@univ-lorraine
Raquel Trujillo raqueltrujilloasensio@gmail.com
Céline Hachet c.hachet@yahoo.com
Ibrahima Wann wannibrahimagh@gmail.com

Doctorants de l’Université de Reims
Manu Navarro navarro.irps@gmail.com
Corentin Roznowicz corentin.roznowicz@hotmail.fr
Nestor Lovera lovera.nestor@gmail.com
Dorian Marchais dorian.mhs@gmail.com
Aurore Sivignon aurore.sivignon@outlook.com

Doctorants de l’Université de Strasbourg
Odile Planson plansonodile@gmail.com
Fan Di fandi3367@gmail.com
Mathias Valverde valverdemathias@gmail.com
Thibaut Vetter thibaut.vetter@laposte.net
Elfe Küman elfeküman@gmail.com

 

Encadrement
William Gasparini (directeur ED SHS Strasbourg) william.gasparini@unistra.fr
Philippe Odou (directeur ED SHS Reims) philippe.odou@univ-reims.fr
Cécile Bertrand-Dagenbach (directrice ED SLTC Lorraine) cecile.bertrand-dagenbach@univ-
lorraine
Anne-Marie Chabrolle-Cerretini (directrice adjointe ED SLTC) anne-marie.chabrolle-cerretini@univ-
lorraine.fr
Vanessa Binet (gestionnaire de l’ED SLTC) vanessa.binet@univ-lorraine.fr

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news-1313 Mon, 17 Feb 2020 14:43:00 +0100 Hommage à Tomi Ungerer dans les musées Strasbourgeois /actualites/actualite/hommage-a-tomi-ungerer-dans-les-musees-strasbourgeois Les « Rencontres de l’Illustration » à Strasbourg ont dédié leur édition 2020 à Tomi Ungerer, qui nous a quittés en février 2019. Cet hommage se décline du 20 mars au 21 juin 2020 en deux séquences, l’une au Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration, l’autre dans le réseau des musées strasbourgeois.

Avec l’exposition « Franck Hoppmann / Michel Kichka. Dans la ligne de Tomi Ungerer », le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration a choisi de présenter deux artistes, Frank Hoppmann et Michel Kichka, qui se situent dans la continuité de l’illustrateur strasbourgeois. Parallèlement, l’œuvre de Tomi Ungerer va se déployer dans plusieurs musées du réseau strasbourgeois, à partir de la collection du musée Tomi Ungerer.

Commissariat

Thérèse Willer (Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration / ARCHE UR3400), en collaboration avec Barbara Forest (Aubette 1928 / MAMCS), Franck Knoery (Bibliothèque des Musées), Marie Pottecher (Musée Alsacien), Monique Fuchs (Musée Historique), Cécile Dupeux (Musée de l’Œuvre Notre-Dame), assistés de leurs équipes.

Plus d'informations

Service communication des musées
Julie Barth
julie.barth[at]strasbourg.eu
Tél : 03 3 68 98 74 78

Dossier de presse et visuels téléchargeables sur : www.musees.strasbourg.eu

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news-1662 Tue, 03 Sep 2019 10:00:00 +0200 Dynamiques de genre et métiers de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage /actualites/actualite/appel-a-communication-dynamiques-de-genre-et-metiers-de-larchitecture-de-lurbanisme-et-du-paysage Colloque international

Dynamiques de genre et métiers de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage

 

Ce colloque vise à réunir des contributions pour un bilan des avancées et des limites de la féminisation et des dynamiques de genre à l’œuvre dans les mondes professionnels de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage.

Les propositions de communications sont attendues pour le 15 octobre 2019.

Comité d’organisation

Stéphanie Bouysse-Mesnage: architecte, MCFA à l’Ensa de Nantes, doctorante à l’équipe d’accueil ARCHE de l’Université de Strasbourg et membre associée de l’équipe AHTTEP (UMR Ausser) de l’Ensa Paris-La Villette

Stéphanie Dadour : docteure en architecture, MCF à l’Ensa de Grenoble et chercheure au laboratoire MHAevt, associée au laboratoire ACS (UMR Ausser) de l’Ensa Paris-Malaquais

Isabelle Grudet : architecte DPLG, docteure en architecture, IR du Ministère de la culture, responsable scientifique du Let (UMR Lavue) de l’Ensa de Paris-La Villette (HESAM-Université)

Anne Labroille : architecte DPLG, urbaniste, MCFA du Master urbanisme et aménagement de Paris Nanterre, associée au Let et co-fondatrice de MéMO

Elise Macaire : architecte DPLG et sociologue, docteure en architecture, MCF à l’Ensa de Paris-La Villette et membre du Let, co-responsable du réseau RAMAU

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news-1666 Tue, 05 Mar 2019 08:03:00 +0100 Frédéric Stroh lauréat du prix Johann Daniel Schoepflin /actualites/actualite/frederic-stroh-laureat-du-prix-johann-daniel-schoepflin Frédéric Stroh, docteur en histoire contemporaine de l’université de Strasbourg et membre associé de l’EA ARCHE, se verra décerner le 2 avril prochain le prix Johann-Daniel Schöpflin délivré par la Société d’encouragement du Generallandesarchiv de Karlsruhe pour sa thèse : 

"Justice et homosexualité sous le national-socialisme. Etude comparée du pays de Bade et de l'Alsace".

Ce prix est doté d’une bourse de 2000 euros.

Toute l'équipe lui adresse ses félicitations !

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news-1686 Thu, 03 May 2018 00:00:00 +0200 « De l’immeuble à la petite cuillère », l’architecte, le décor, l’objet /actualites/actualite/de-limmeuble-a-la-petite-cuillere-larchitecte-le-decor-lobjet Appel à communications

« De l’immeuble à la petite cuillère », l’architecte, le décor, l’objet

 

Colloque international

organisé par l’Université de Haute-Alsace (UHA) et de Strasbourg (UNISTRA), les laboratoires de recherche ARCHE et CRESAT, et la Haute École des Arts du Rhin (HEAR),

Jeudi 21 et vendredi 22 mars 2019, Strasbourg et Mulhouse.

 

André Chastel, en écrivant que le champ d’intervention de l’inventaire des richesses artistiques de la France s’étendait de « la cathédrale à la petite cuillère », entendait inclure tous les objets appartenant à l’activité humaine. En s’appropriant et en détournant cette expression, maintes fois reprises[1], ce colloque cherche à aborder l’implication de l’architecte dans l’idée de globalité du projet architectural.Dans les traités d’architecture du XVIIIe siècle, apparaît l’idée d’une unité décorative dans les espaces d’habitation qui inclut l’ameublement. Néanmoins, il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que s’impose l’adéquation entre l’habitat et son décor intérieur – des revêtements muraux au mobilier, en passant par les arts de la table.Depuis l’énoncé de William Morris, « la véritable unité de l’art est un bâtiment avec tout son mobilier et toutes ses ornementations[2] », les architectes et les décorateurs n’ont cessé de revendiquer cette conception de la création à laquelle parvinrent les acteurs de l’Art nouveau avec leur idéal de l’œuvre d’art total.Nombreux, en effet, sont les architectes qui, depuis la fin du XVIIIe siècle et jusqu’à nos jours, ont développé des projets qui relèvent de la décoration intérieure ou de l’objet mobilier[3], à l’image de Charles Percier[4]ou de Zaha Hadid,dont la forme organique de certains de ses meubles rappelle celle de son architecture[5]. On pourrait également citer Jean Nouvel qui, en 1995, créa Jean Nouvel Design (JND), un atelier parallèle à sa société d’architecture[6]. Inversement, certains acteurs du monde du Design, par leur traitement de l’espace, s’approchent du domaine de prédilection de l’architecte à des degrés divers, on peut notamment citer Philippe Starck[7] ou encore les frères Ronan et Erwan Bouroullec[8] et Matali Crasset.

Par-delà la figure de l’architecte-décorateur, pourront également être évoquées les relations que l’architecte entretient avec le décorateur dans le cadre d’un projet précis. L’œuvre ainsi produite, fruit de la collaboration étroite de deux artistes aux compétences différentes et complémentaires, se différencie-t-elle de celle pensée dans sa globalité par le seul architecte ? Que dire des relations entre ces acteurs : comment se passe la collaboration ? Quelle est la répartition des tâches ? Une hiérarchie se met-elle en place ? Quelle est la place du commanditaire – qu’il soit privé ou public – dans la répartition des rôles ?

Pourra également être évoqué le décorateur faisant œuvre d’architecte – ou usant du titre d’architecte, à l’exemple, pour n’en citer que quelques-uns, d’Armand Albert Rateau[9], qui s’associa en 1921 avec Jeanne Lanvin pour fonder la société « Lanvin-décoration », ou de Pierre Chareau, dont Francis Jourdain affirmait qu’il « (…)n’a pas cessé – quelle que fût la charge par lui assumée – de faire œuvre d’architecte. Ses dons d’invention, il les a appliqués, non pas à décorer la demeure, mais bien plutôt à la penser, à l’organiser en fonction de l’occupant (…)[10] ». Ici Jourdain proposait en creux une répartition des tâches habituellement dévolues à l’architecte et au décorateur, accordant au second un rôle somme toute accessoire dans la réalisation de l’espace domestique.

L’objectif de ce colloque est de saisir l’implication des architectes dans la conception de l’aménagement intérieur et de l’ameublement du XVIIIe siècle à nos jours, en contribuant ainsi à une meilleure connaissance de la profession d’architecte, de ses pratiques, de la formation qui permet d’y accéder ou de la constitution de ses prérogatives au cours de la période contemporaine[11]. Cet appel à communications fait suite à plusieurs manifestations scientifiques consacrées à la question de la figure de décorateur et à son rôle dans l’aménagement de l’architecture et à la relation entre le décor et l’architecture à l’époque moderne[12]. Ce colloque entend donc poursuivre les recherches autour du métier de décorateur, autant dans sa formation que l’exercice de son activité.

Dans le domaine de la formation, par exemple, il sera intéressant d’évoquer les figures ayant reçu une formation initiale différente de l’activité qui les rendit célèbres. Formé en tant que peintre, Henry van de Velde[13] se fit connaitre comme artiste décorateur avant de se consacrer à l’architecture[14]. Ferronnier d’art, Jean Prouvé[15]créa des œuvres dont les structures métalliques témoignent de recherches que l’on retrouve dans ses meubles et ses architectures. Toujours concernant la formation, on pourra s’interroger sur le rôle de l’architecte dans la création et la pédagogie de nouvelles institutions destinées à former les artistes chargés du décor et du meuble. On pourra notamment s’interroger sur l’influence que l’école du Bauhaus – créée par l’architecte Walter Gropius en 1919 pour réformer l’espace de l’habitation,elle ne dispensa un enseignement de l’architecture que très tardivement – a eue sur la création ou la réforme d’écoles d’arts appliqués en Europe. À l’inverse, on pourra s’interroger sur la prise en compte du décor intérieur dans l’enseignement dispensé aux architectes étudiant à l’École des Beaux-Arts et dans les écoles d’architecture régionales.

 

Les communications pourront en outre s’intéresser à des études de cas ainsi qu’à des mouvements ou à des écoles d’art et d’architecture au sein desquels se sont développées des théories et une mise en pratique.

 

Parmi les thématiques qui peuvent être abordées dans les propositions, nous suggérons les suivantes :

  • Les métiers : architecte, architecte d’intérieur, ensemblier, décorateur, designer…
  • Le vocabulaire et l’impact des différentes appellations
  • La diffusion par les revues, l’importance du décor dans les revues d’architecture
  • La formation :l’apparition des "écoles d’art appliqués" en Europe ; la question du décor intérieur dans l’enseignement des écoles d’architecture.

Les propositions (en français ou en anglais) sont à envoyer (environ 300 mots) avant le 15 juin 2018, accompagnées d’une petite bio-biblio aux adresses suivantes :

hdoucet[at]unistra.fr etaziza.gril-mariotte[at]uha.fr

 

Calendrier :

  • Rendu des propositions : 15 juin 2018
  • Réponse : début septembre 2018
  • Rendu des projets d’articles : début 2019 
  • Colloque : 21 et 22 mars 2019
  • Rendu des articles pour la publication : fin avril 2019

 

Comité scientifique :

Jérémie Cerman, Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Sorbonne Université

Anne-Marie Châtelet, Professeur d'histoire et culture architecturales, École nationale supérieure d'architecture de Strasbourg

Rossella Froissart, Professeur histoire de l’art contemporain université Aix-Marseille
Gilles Marseille, Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Université de Lorraine
Christine Peltre, Professeur d'histoire de l'art contemporain, Université de Strasbourg.

 

Comité d’organisation :

David Cascaro, directeur de la Haute École des Arts du Rhin

Hervé Doucet, Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Université de Strasbourg (Unistra-ARCHE)

Aziza Gril-Mariotte, Maître de conférences en histoire de l'art, Université de Haute-Alsace (UHA-CRESAT).

[1] Citons l’ouvrage de Nathalie Heinich, La fabrique du patrimoine, de la cathédrale à la petite cuillère, Ed. de la Maison des Sciences de l’homme, 2009.

[2] Cette définition est donnée lors de la conférence L’Art et l’Artisanat aujourd’hui, à Edimbourg, le 30 octobre 1889 pour « l’Association nationale pour le progrès de l’art ».

[3] L’exposition qui s’est tenu, du 18 avril au 31 juillet 2016, à la StanzedelVetro de Venise intitulée Il Vetrodegliarchitetti. Vienna 1900-1937, montre le récent intérêt international pour un domaine particulier de l’objet d’art conçu par l’architecte. On peut également évoquer le colloque qui s’est tenu à Houston en 2016 sur le thème : “A Sense of Proportion: Architect-Designed Objects, 1650–1950”.

[4] Jean-Philippe Garric, Vincent Cochet, Charles Percier (1764-1838). Architecture et design, Paris, RMN, 2017.

[5] L’activité de ZahaHadid s’étendit jusqu’au domaine de la mode lorsqu’elle conçut des modèles de chaussures pour femmes.

[6] Un article consacré à Jean Nouvel Design est paru : Maxime Gasnier, « Jean Nouvel Design, de l'architecture à l'objet radicalisé », archistorm, n°72, mai-juin 2015, p. 136-140.

[7] Franco Bertoni, Philippe Starck, l’architecture, Bruxelles, Mardaga, 1994.

[8] Deux des quatre expositions qui leur ont été récemment consacrées à Rennes renvoient clairement au monde de l’architecture : Rêveries urbaines et le Kiosque installé dans la cour du parlement de Bretagne (du 25 mars au 28 août 2016).

[9] Hélène Guéné-Loyer, Décoration et haute couture. Armand Albert Rateau pour Jeanne Lanvin, un autre Art déco, Paris, Les Arts décoratifs éditions, 2006.

[10] Francis Jourdain, préface pour le livre Un inventeur… L’architecte Pierre Chareau, Paris, Editions du Salon des arts ménagers, 1954.

[11] Il s’agira là de contribuer à la réflexion actuelle menée sur la profession de l’architecte dont témoigne, parmi les dernières manifestations en date, le colloque intitulé L’enseignement de l’architecture au XXe siècle. Quelles sources ? Quelle histoire ? qui a eu lieu à la Cité de l’architecture et du patrimoine en février 2016, sous la responsabilité d’Anne-Marie Châtelet ou la journée d’étude Construire l’histoire des architectes : autour du Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts (1800-1968) organisée par Marie-Laure Crosnier-Lecomte à l’INHA le 13 avril 2016.

[12] Les deux manifestations proposées simultanément à l’automne 2016 attestent d’un champ de recherches particulièrement fructueux et témoignent d’un renouvellement de l’approche de l’architecture et du décor intérieur : colloque international organisé par l’INHA et les Arts Décoratifs de Paris, Pour une histoire culturelle du décorateur (XVIIIe-XXe siècle), 7-8 octobre 2016 et le colloque international de l’Université de Lausanne sur La relation entre le décor et l’architecture à l’époque moderne, 24-25 novembre 2016.

[13] Collectif. Henry van de Velde - Passion Fonction Beauté 1863-1957. Tielt : Lannoo, 2013.

[14] Sa pensée globalisante alla jusqu’à la conception de vêtements dans lesquels Maria Sète, l’épouse de Van de Velde se fit photographier dans leur maison du Bloemenwerf.

[15] Claire Stoullig, Catherine Coley (dir.), Jean Prouvé, Nancy, Musée des beaux-arts, Somogy, 2012.

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Actualités de l'ARCHE
news-1687 Thu, 03 May 2018 00:00:00 +0200 Le prix scientifique 2018 « Les Espoirs de l’université de Strasbourg » décerné à Audrey Kichelewski /actualites/actualite/le-prix-scientifique-2018-les-espoirs-de-luniversite-de-strasbourg-decerne-a-audrey-kichelewski Audrey KICHELEWSKI, maîtresse de conférences en histoire contemporaine et membre de l’EA ARCHE, a reçu le Prix scientifique 2018 « Les Espoirs de l’université de Strasbourg ».

Cette distinction vise à récompenser les scientifiques ayant fait preuve d’originalité et de dynamisme dans la mise en œuvre de leur recherche et dont les développements futurs s’annoncent prometteurs. Elle fait partie des 10 lauréats (7 lauréates parmi eux) récompensés cette année (sur 26 dossiers déposés), dont 3 pour le domaine des sciences humaines.

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Actualités de l'ARCHE
news-1689 Wed, 28 Mar 2018 00:00:00 +0200 Architecture, arts appliqués, design : histoires partagées /actualites/actualite/architecture-arts-appliques-design-histoires-partagees  Architecture, arts appliqués, design : histoires partagées

Journée d’études doctorales

INHA – Paris-Sorbonne, Paris, le 15 juin 2018, salle Ingres

Appel à communications

 

Journée d’études doctorales proposée par Estelle Thibault (IPRAUS/UMR AUSSER, ENSA Paris-Belleville), responsable scientifique invitée, dans le cadre du Séminaire doctoral en Histoire de l’architecture organisé par Anne-Marie Châtelet (EA Arche, ENSA Strasbourg, Université de Strasbourg), Hélène Jannière (EA Histoire et critique des arts, Université Rennes 2) et Jean-Baptiste Minnaert (UMR André Chastel, Sorbonne Université).

Cette journée doctorale sera consacrée aux relations mouvantes et variées que l’architecture entretient avec ce que l’on nomme aujourd’hui les arts appliqués. Ces activités de conception,désignées selon les époques par différents termes –arts décoratifs, arts industriels, design…– concernent aussi bien les détails des bâtiments eux-mêmes que les accessoires séparables qui les équipent, mobiliers, tapis et autres ustensiles du quotidien. Elles furent, au fil de l’histoire et selon les contextes culturels,revendiquées comme étant constitutives du travail de l’architecte ou déléguées à des hommes de métiers, tantôt intimement associées au projet d’édifice jusqu’à en constituer la part proprement artistique, tantôt considérées comme des activités relevant d’un genre mineur, secondaire,voire extérieur au domaine de l’art de construire.

Les importants renouvellements qu’a connu, dans les dernières décennies, l’historiographie des arts décoratifs et de l’ornement nous invite aujourd’hui à questionner les hiérarchies supposées entre architecture et design, et à reconsidérer ces pratiques non plus comme des champs subalternes mais comme des lieux de renouvellement de l’architecture, de ses processus de conception comme de ses théories. Depuis 2016, deux colloques organisés par l’Université de Lausanne ont examiné les relations entre décor et architecture à l’époque moderne. C’est également la généalogie du modernisme architectural qui a pu être relue au travers des échanges et collaborations entre architectes, décorateurs ou ensembliers (Troy, Froissart), d’une production en série d’abord appliquée aux accessoires décoratifs (Nègre), ou de l’investissement affectif des objets du quotidien (Payne).

Les travaux récents ont également souligné le fait qu’au XIXe siècle, l’essor sans précédent des arts industriels s’accompagne de réflexions sur leur enseignement et de l’émergence de toute une littérature, théories, traités et recueils, s’intéressant aux productions de toutes les époques et de tous les continents (Labrusse). Nombreux sont alors les ouvrages qui examinent conjointement « l’architecture et les arts qui en dépendent » pour y interpréter les changements stylistiques à l’aune des évolutions techniques, sociales et culturelles, mais aussi pour comprendre les migrations de motifs, entre le monde anonyme des métiers et celui plus élevé de l’art de bâtir. Si les condamnations de l’ornement ont distendu les liens entre décoration et architecture, les XXe et XXIe siècles ne sont pas moins riches en relations, directes ou analogiques, entre le monde du design – mobilier, mais aussi textile et typographie– et celui de la construction des édifices.

Les propositions pourront concerner différentes périodes et aires géographiques et explorer différentes thématiques, notamment :

  • l’analyse des projets et réalisations : les jeux d’interaction, d’unité ou d’indépendance entre la petite échelle du détail ornemental, celle des objets – mobiliers etc – et celle de l’édifice ; la variété des conceptions, allant de celles qui revendiquent un art total à celles qui, à l’inverse, valorisent l’indépendance entre le cadre architectural et les objets qui le meublent, dont le choix est librement laissé à la subjectivité de l’habitant.
  • les processus de projet et les interactions professionnelles : les doubles activités ou collaborations entre architectes, décorateurs, ornemanistes et designers, les temporalités à l’œuvre dans leurs interventions respectives, les coopérations fructueuses ou, à l’inverse, les conflits liés à la paternité de l’œuvre.
  • la place faite aux arts décoratifs et au design dans la littérature architecturale, mais aussi, de façon réciproque, l’image de l’architecture véhiculée dans les publications traitant des arts appliqués ; la contribution des théories sur l’ornement –incluant son rejet– à l’évolution d’une pensée architecturale.

Les doctorants souhaitant présenter leurs travaux lors de cette journée peuvent envoyer une proposition de communication (environ 300 mots) accompagnée de quelques lignes de CV le 2 mai 2018 au plus tard. Elle sera adressée conjointement à :

Estelle Thibault (École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville) estelle.thibault[at]paris-belleville.archi.fr

Anne-Marie Châtelet (École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg)
chatelet.schmid[at]wanadoo.fr

Hélène Jannière (Université Rennes 2)
helene.janniere[at]univ-rennes2.fr

Jean-Baptiste Minnaert (Sorbonne Université)
jean-baptiste.minnaert[at]sorbonne-universite.fr

Le résultat de la sélection des propositions retenues par les organisateurs sera annoncé par mail le 10 mai 2018.

Les organisateurs sont au regret de faire savoir aux intervenants que leurs frais de mission devront être prioritairement pris en charge par leur laboratoire ou université.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Actualités de l'ARCHE
news-1697 Thu, 19 Oct 2017 00:00:00 +0200 L’historiographie de l’architecture sous l’angle des transferts culturels /actualites/actualite/lhistoriographie-de-larchitecture-sous-langle-des-transferts-culturels Appel à communications pour la journée d’étude doctorale d’Histoire de l’architecture,

Strasbourg, Ensas/Unistra, 2 février 2018

 

L’Historiographie de l’architecture sous l’angle des transferts culturels

 

Dans une perspective transnationale, nous proposons d’étudier l’historiographie de l’architecture au prisme des circulations et des transferts culturels. Formulés par Michel Espagne et Michael Werner[1] dans les années 1980 pour analyser les échanges franco-allemands, les transferts culturels nous invitent à observer et étudier les processus d'importation et d’assimilation des comportements, écrits, idées, valeurs, concepts et nouvelles façons de penser.

Il faut souligner que transférer « ce n’est pas transporter, mais plutôt métamorphoser[2] ». Lorsqu’un objet culturel sort de son contexte d’origine, il peut donc changer de signification. Ainsi la journée propose de centrer le débat sur les transferts[3] et les circulations transnationales dans l'historiographie de l'architecture, tout en identifiant les dynamiques de « re-sémantisation » dans ce domaine. Si les transferts culturels ont déjà été abordés dans l’histoire de l’art les travaux dans le domaine de l’historiographie de l’architecture restent plus restreints. Dans le cas de l’historiographie de l’art, citons notamment les travaux de Michel Espagne[4], de Béatrice Joyeux-Prunel[5], d’Émilie Oléron-Evans[6] et de Michela Passini[7]. Au-delà du regard sur les discours, ces historiens ont analysé l'historiographie de l'art sous le prisme des transferts culturels et des circulations transnationales de modèles et savoirs.

C’est l'auteur du terme « transfert culturel », Michel Espagne, qui a utilisé le premier cette approche dans ses travaux sur l'histoire de l'art. Dans la publication consacrée aux transferts culturels franco-allemands, il aborde les questions liées à la consolidation de la discipline au XIXe siècle, en soulignant en particulier l'itinéraire intellectuel de l’historien de l'art Carl Justi. Dans L'histoire de l'art comme transfert culturel. L'itinéraire d'Anton Springer, il a approfondi cette démarche et, à partir des déplacements de Springer, exposé les circonstances de la genèse de la discipline de l’histoire de l'art dans le contexte germanique et européen.

Citons également les travaux de Béatrice Joyeux-Prunel qui étudie les perspectives transnationales des mouvements de l'art d'avant-garde parisienne, et d’Emilie Oléron-Evans qui aborde quant à elle les travaux de Nikolaus Pevsner entre Allemagne et Angleterre. Ces deux recherches mettent l'accent sur les questions d'échanges, de circulation et de transfert, brisant la logique des territoires nationaux dans la production de l'histoire de l'art et l'analyse des récits historiques.  Les recherches de Michela Passini sont à relever, car elles portent également sur l’analyse transnationale de l’histoire de l’art et son historiographie. Selon l’auteur, pour qui l’histoire de l’art est une discipline transnationale par excellence, « l'approche transnationale est un puissant antidote contre la tentation téléologique. Dès qu’on s’attache à retracer les circulations d’information dont se nourrit la construction des œuvres et des méthodes, les mythologies des « pionniers », de l’unicité de leur pratique, du primat de leurs intuitions volent en éclats[8].

A partir de ces travaux et en ce consacrant à l’historiographie de l’architecture, cette journée doctorale entend aborder les itinéraires d’auteurs et d’historiens, le rôle des réseaux professionnels dans les processus d’écriture, l’interférence des médiateurs dans le processus d’élaboration de traductions. L'objectif est d’étudier et de questionner, de diverses manières, le statut et les méthodes d’écriture de l’histoire de l'architecture, en considérant la diversité des genres historiographiques – ouvrages, revues, périodiques, manuels, publications didactiques des cours d’architecture, y compris leurs traductions – et les multiples méthodes de diffusion. Il s’agit alors de considérer le champ théorique de l’épistémologie de la discipline à partir d’une approche historique culturelle.

La journée propose de réunir des doctorants et jeunes docteurs en histoire, histoire de l’architecture, histoire de l’art et sciences sociales dont les travaux s’intéressent « aux histoires » de l’architecture à travers cette approche transnationale et circulatoire. La richesse de cette journée d’étude se fera par la diversité des sphères géographiques et chronologiques.

 

Nous proposons deux principaux axes de réflexion pour cette journée d’étude :

  • Réseaux professionnels

Cet axe entend étudier le rôle des réseaux professionnels dans le processus d'écriture « des histoires » de l'architecture à travers les transferts culturels transnationaux. Dans quelle mesure les réseaux professionnels de différentes aires culturelles ont-ils contribué à la formation des discours architecturaux ? De quelle manière les voyages, les migrations ou encore les relations professionnelles ou privées ont-ils contribué à transférer, dans le sens de métamorphoser, des idées, des concepts ou des méthodes ? Comment les transferts et le processus de re-sémantisation se sont-ils déroulé ?

L’implication des différents acteurs dans le processus d’écriture est également à questionner. Par exemple, quels ont été le rôle des médiateurs (commanditaires, éditeurs, traducteurs), des institutions (universités, écoles d’architecture, musées, associations professionnelles) et des lieux de rencontres (congrès, colloques, rencontres biennales, centre des recherches) dans la construction d’une histoire de l’architecture ? Autrement dit, quel est l’impact des transferts culturels sur l’écriture de l’histoire de l’architecture ?

  • Diffusion/réception et discours

Le second axe de cette journée d’étude interroge la diffusion et la réception de publications marquées par des transferts transnationaux.

Comment un même ouvrage peut être réceptionné de façon différente en fonction du pays ou de la région dans laquelle il est publié ? Quels sont les causes et les enjeux de ces changements de signification des discours et dans quelle mesure les transferts, notamment les intermédiaires à ces transferts, ont un impact sur la réception d’un ouvrage ou d’un texte ? Quelles sont les conséquences des transferts culturels sur les discours historiques de l’architecture ?

 

Les propositions se composeront d’un argumentaire d’environ une page et seront accompagnées d’une bibliographie et d'un court CV. Elles devront être envoyées conjointement à

 

- Anne-Marie Châtelet (Ensas/Arche) chatelet.schmid[at]wanadoo.fr

- Marianna Cardoso (Arche) mariannagpc[at]gmail.com

- Florence Lafourcade (Arche) florence.lafourcade[at]hotmail.com

- Hélène Jannière (Université Rennes 2) helene.janniere[at]univ-rennes2.fr

- Jean-Baptiste Minnaert (Université Paris-Sorbonne) jean-baptiste.minnaert[at]paris-sorbonne.fr

 

Date limite d’envoi des propositions : 1 décembre 2017

Notification d’acceptation aux auteurs : 10 décembre 2017

Tenue de la journée d’étude : 02 février 2018

 

Cette journée d’études est proposée dans le cadre du séminaire doctoral proposé par Anne-Marie Châtelet (Ecole nationale supérieure d’architecture de Strasbourg), Hélène Jannière (Université Rennes-2) et Jean-Baptiste Minnaert (Université Paris-Sorbonne).

Elle est organisée par les doctorantes Marianna Cardoso et Florence Lafourcade du Laboratoire ARCHE (EA 3400) Arts, civilisation et histoire de l'Europe de l’Université de Strasbourg avec un soutien de la Fondation Capes du Gouvernement du Brésil.

 

[1] Michel Espagne et Michael Werner, « La construction d'une référence allemande en France 1750- 1914. Genèse et histoire culturelle », Annales ESC, juillet/août 1987, p. 969-992 ; Michel Espagne et Michael Werner (dir.), « Transferts. Les relations interculturelles dans l'espace franco-allemand (XVIIIe-XIXe siècles) », Paris, Éditions Recherche sur les Civilisations, 1988.

[2] Michel Espagne, « La notion de transfert culturel », Revue Sciences/Lettres [En ligne], 1 | 2013, mis en ligne le 01 mai 2012, consulté le 06 octobre 2017. URL : rsl.revues.org/219 ; DOI : 10.4000/rsl.219

[3] Sur des différentes approches de la notion voir notamment : Béatrice  Joyeux-Prunel, « Les  transferts  culturels.   Un  discours  de  la  méthode », Hypothèses, Paris, Publications de la Sorbonne, 2003, 1 (6), p. 149-162.

[4] Michel Espagne, Les transferts culturels franco-allemands, Paris, Presses universitaires de France, 1999 ; L’histoire de l’art comme transfert culturel : l’itinéraire d’Anton Springer, Paris, Belin, 2009 ;

[5] Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques. Une histoire transnationale, 1848-1918, Paris, Gallimard, 2016 ; Les avant-gardes artistiques. Une histoire transnationale, 1918-1945, Paris, Gallimard, 2017.

[6] Émilie Oléron-Evans, Nikolaus Pevsner, arpenteur des arts: des origines allemandes de l’histoire de l’art britannique, Paris, Demopolis, 2015.

[7] Michela Passini, La fabrique de l’art national : le nationalisme et les origines de l’histoire de l’art en France et en Allemagne, 1870-1933. Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2012 ; L'oeil et l'archive Une histoire de l'histoire de l’art, Paris, Éd. de la Découverte, 2017.

[8] Michela Passini, L'oeil et l'archive Une histoire de l'histoire de l’art, Paris, Éd. de la Découverte, 2017.

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Actualités de l'ARCHE
news-1702 Thu, 24 Aug 2017 00:00:00 +0200 Prix de thèse de l'Université de Strasbourg pour Jawad Daheur /actualites/actualite/prix-de-these-de-luniversite-de-strasbourg-pour-jawad-daheur Jawad Daheur, docteur de l’EA ARCHE (directeurs Catherine Maurer et Marc Cluet) et enseignant à la Faculté des Sciences Historiques comme chargé de mission d’enseignement puis ATER, a obtenu en juin 2017 le prix de thèse de l’université de Strasbourg sur le sujet Le parc à bois de l’Allemagne. Course aux ressources et hégémonie commerciale dans les bassins de la Vistule et de la Warta (1840-1914).

Renouvelant la compréhension des bases matérielles de la puissance dans une économie mondialisée, cette étude présente les dimensions écologiques et économiques de l’extraction et de la transformation des bois dans les bassins de la Vistule et de la Warta entre 1840 et 1914. Elle montre comment l'Allemagne est parvenue, par une stratégie commerciale offensive, à faire des forêts une sorte de chasse gardée, en sécurisant un accès bon marché et stable aux ressources ligneuses. 

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Actualités de l'ARCHE