Face au nazisme, le cas alsacien

Événement en cours
Axe 4 ACL Exposition
15 septembre 15 décembre 2022
BNU

Face au nazisme. Le cas alsacien

Exposition à la Bnu du 15 septembre 2022 au 15 janvier 2023

L’exposition Face au nazisme : le cas alsacien s’interroge sur les apports de l’historiographie récente concernant le rôle du nazisme dans les années 1930, l’annexion de fait de l’Alsace et de la Moselle à l’Allemagne nationale-socialiste et les questions mémorielles qui se sont posées dès l’immédiate après-guerre. La période de confrontation à l’une des plus terribles idéologies totalitaires du XXe siècle a en effet laissé des marques profondes, sur plusieurs générations, au sein des sociétés alsacienne et mosellane. Quatre-vingts ans après la décision de l’incorporation de force prise par le régime nazi, incorporation de force qui reste un traumatisme et un point de divergence entre mémoire nationale et mémoire locale, ce sont nombre d’aspects liés à l’influence, puis à l’installation brutale du national-socialisme en Alsace et en Moselle, qui sont abordés dans le parcours de l’exposition.

Au moment où la guerre, le nationalisme aveugle et la désinformation se trouvent à nouveau au centre de notre actualité, l’exposition souhaite d’abord donner des éléments pour comprendre comment l’Alsace, qui était en première ligne face à l’Allemagne nationale-socialiste, a été utilisée, de part et d’autre du Rhin, dans les débats qui portait sur sa place au sein de la France ou dans le contexte du « grand Reich » voulu par les nazis.

Le déclenchement de la guerre en 1939, la victoire rapide de l’offensive allemande en mai 1940 et l’entrée des troupes allemandes en Alsace et à Strasbourg en juin de la même année forment un enchaînement d’événements qui remettent en cause l’ordre européen né de la Première Guerre mondiale. En Alsace et en Moselle, ces bouleversements se doublent d’une annexion de fait, non seulement à un nouvel État, mais aussi à un régime totalitaire qui entend imposer son idéologie et faire adhérer la population à un nouveau système de valeurs. Face à cette situation inédite, certains restent passifs ou attentistes, d’autres au contraire choisissent l’adhésion ou la résistance. Tous subissent des transformations généralement brutales qui s’accompagnent d’une surveillance généralisée, de différentes formes de répression et de l’incorporation dans les diverses instances du parti national-socialiste (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei), dans l’armée ou dans d’autres structures du régime comme la Hitlerjugend (Jeunesse hitlérienne) ou la SS (Schutzstaffel).

La Libération marque une rupture incontestable pour l’Alsace et la Moselle. Les deux régions, et leurs nouvelles autorités de tutelle avec elles, souhaitent prendre leurs distances avec leur voisin d’outre-Rhin. L’épuration sous toutes ses formes (« sauvage », administrative, judiciaire) est importante mais, en raison de l’annexion de fait à un régime totalitaire, n’a pas la même signification que dans le reste de la France. La découverte des horreurs perpétrées dans l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof, le drame des Malgré-Nous, des déportations et expulsions de différente nature, des « Malgré-Elles » aussi, marquent durablement les esprits mais sont le plus souvent passés sous silence, comme le rappelle la fameuse pièce Enfin… Redde m’r nimm devun (Enfin n’en parlons plus). Quatre-vingts ans après les événements, dans le sillage du renouvellement historiographique concernant la Seconde Guerre mondiale, de nouvelles questions sont abordées par les historiens et la société civile : elles portent sur les activités de la Reichsuniversität, les spoliations, les transferts de populations à travers l’Europe ou sur l’idéologie qui animait la Wehrmacht. La mémoire reste vive, le traumatisme traverse les générations. Aujourd’hui, des associations s’engagent pour préserver la mémoire des crimes commis durant la période. Il nous semble que démarche historique et souvenir ainsi renouvelé peuvent nous aider à mieux trouver les clés de notre présent et de notre avenir.


Commissariat  

Jérôme Schweitzer, Bnu
Catherine Maurer, professeure à l’université de Strasbourg 

 

Informations pratiques sur le site de la BNU

 

Programmation en lien avec l’exposition  

  • 22/09/22

PROJECTION 
Il Varco (2019, 1h10)de Federico Ferrone et Michele Manzolini
En présence des réalisateurs
20h – Auditorium 

 

  • 11/10/22

PROJECTION-CONFERENCE 
Auf Wiedersehen Franziska! (1941, 1h33) de Helmut Kaütner
Sébastien Soster, historien
18h – Auditorium 

 

  • 20/10/22

PROJECTION
Jeunesses volées (2022, 52 min.) de Nina Barbier
En présence de la réalisatrice
19h – Auditorium  

 

  • 08/11/22

PROJECTION
Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler (2018, 1h26) de Jérôme Prieur
Jérôme Prieur, écrivain
18h30 – Auditorium 

 

  • 17/11/22

RENCONTRE
René Capitant face au nazisme
Olivier Beaud (Université de Paris-Panthéon-Assas)
19h – Auditorium 

 

  • 30/11/22

CONFERENCE
À la guerre comme à la guerre : Tomi Ungerer et la Seconde Guerre mondiale
Anne Schneider (Université de Caen)
18h30 – Auditorium 

 

  • 30/11/22

LECTURE 
« Enfin redde m’r nimm devun », Enfin… n’en parlons plus, de Germain Muller
20h – Auditorium  

 

  • 01/12/22

CONFERENCE
Marc Bloch face à l‘Allemagne nazie 
Peter Schöttler, historien
18h30 – Auditorium 

 

  • 06/12/22

LECTURE
Les nuits de Fastov, d’André Weckmann
Charles Fichter, Aline Martin, Jean Lorrain et Romain Pivard
19h – Auditorium 

 

  • 09/12/22 

CONFERENCE
Récupérer le patrimoine français après les pillages nazis (1944-1949)
Ophélie Jouan, historienne de l’art
18h30 – Auditorium 

   

  • 11/01/23

CONFERENCE
L’Alsace à tout prix, nouvelle histoire de la Wehrmacht durant la campagne d’Alsace (novembre 1944 – mars 1945)
Geoffrey Koenig, historien
18h30 – Auditorium