Hommage à Francis Rapp

Événement à venir
Colloque
21 22 octobre 2021
Palais Universtaire, salle Pasteur

Colloque en hommage à Francis Rapp

 

21-22 octobre 2021
Palais Universitaire, salle Pasteur

organisé par Elisabeth Clementz

 

Programme

 

Jeudi 21 octobre 2021

  • Présidente de séance : Mme Catherine VINCENT 

 

9h-9h30 : Allocutions
M. Michel DENEKEN, président de l'Université de Strasbourg
M. Jean-Yves MARC, doyen de la faculté d'histoire
M. Benoît TOCK, professeur d'histoire médiévale

9h30-9h45 : Elisabeth CLEMENTZ : Introduction

9h45-10h30 : André VAUCHEZ, professeur émérite d'histoire du Moyen Âge, Université Paris Nanterre, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Francis Rapp du Groupe de La Bussière à l' "Histoire du christianisme"

10h30-11h : Pause

11h-11h45 : Nicole BERIOU, professeur émérite d'histoire du Moyen Âge, Université Lumière Lyon 2, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Une intuition féconde de Francis Rapp : étudier la communication religieuse à l'œuvre dans la vie sociale

 

Président de séance : M. André VAUCHEZ

14h-14h45 : Rolf GROSSE, directeur des études médiévales à l'Institut historique allemand de Paris
Léon IX et la réforme de l'Église

14h45-15h30 : Catherine VINCENT, professeur émérite d'histoire du Moyen Âge, Université Paris Nanterre
Culte des saints et culte marial dans les sanctuaires français à la fin du Moyen Âge

15h30-16h : Pause

16h-16h45 : Philippe LORENTZ, professeur d'histoire de l'Art du Moyen Âge, Sorbonne Université
La dévotion privée à la fin du Moyen Âge : intimité et/ou ostentation ? Les prières à Marie de Nicolas et Jean Rolin.

16h45-17h30 : Benoît JORDAN, conservateur aux Archives Municipales de Strabourg
Gagner sa vie en priant - Analyse d’un registre des revenus de clercs affectés au service divin à la cathédrale de Strasbourg – vers 1516

 

Vendredi 22 octobre 2021

  • Président de séance : M. Rolf GROSSE

9h–9h 45 : Sigrid HIRBODIAN, professeur d'histoire du Moyen Âge, Université de Tübingen
Geistliche Frauen im spätmittelalterlichen Straßburg

9h45–10h30 : Elisabeth CLEMENTZ, maîtresse de conférences en histoire médiévale et moderne, Université de Strasbourg
Recluses d'Alsace

10h30-11h : Pause

11h-11h45 : Georges BISCHOFF, professeur émérite d'histoire du Moyen Âge, Université de Strasbourg
La culture politique des insurgés alsaciens de 1525

 

  • Président de séance : M. Georges BISCHOFF

14h-14h45 : Bernhard METZ, archiviste de la ville de Strasbourg, e.r.
Les frères Mey von Lambsheim, ou du mauvais usage des châteaux forts

14h45-15h30 : Anne RAUNER, docteure de l'Université de Strasbourg, membre associée de l'ARCHE
Les vides de la page dans les calendriers nécrologiques du diocèse de Strasbourg (XVe-XVIe s.)

15h30-16h00 : Pause

16h00-16h45 : Claude MULLER, professeur d'histoire contemporaine, Université de Strasbourg
Le clerc face au soldat. Religion et armée en Alsace au XVIIIe siècle

16h45-17h00 : Marc LIENHARD : Conclusion

 

Résumés des interventions

André Vauchez : Francis Rapp du Groupe de La Bussière à l' "Histoire du christianisme"

La communication ne vise pas à retracer l’itinéraire historiographique de Francis Rapp, mais à mettre en lumière les étapes et les formes de sa collaboration avec les historiens de sa génération qui s’efforcèrent de renouveler l’histoire religieuse en France dans ses visées et ses méthodes. Dans un premier temps, on cherchera à préciser les rapports qu’il entretint au cours des années 1960 avec divers historiens connus sous le nom de « Groupe de la Bussière », qui se réunissaient lors d’une session annuelle pour mettre en commun leurs problématiques et leurs questionnements. Puis on étudiera la participation de Rapp à une grande entreprise éditoriale, l’« Histoire du Christianisme » en 14 volumes, parue chez Desclée entre 1990 et 2002. Il y donna en effet d’importantes contributions au tome VI, « Le temps des épreuves,1274-1449 » (1991), sous la direction de Michel Mollat et de moi-même, et au tome VII, « Réformes et Réformation, 1450-1530 » (1994), dirigé par Marc Venard. Cet exposé sera également l’occasion de préciser comment F. Rapp se situait par rapport aux principaux courants historiographiques de son temps dans le domaine de l’histoire religieuse, où son influence a été particulièrement marquante.

André Vauchez : Francis Rapp von der La Bussière-Gruppe zur Geschichte des Christentums

Es wird hier nicht um die historiographische Laufbahn von Francis Rapp gehen, sondern um die Etappen und die Formen seiner Zusammenarbeit mit denjenigen Historikern seiner Generation, die sich bemüht haben, Zielsetzung und Methoden der Kirchengeschichte in Frankreich zu erneuern. Zuerst wird es um die Beziehungen gehen, die er in den 1960er Jahren zu einigen Historikern pflegte, die unter dem Namen der La Bussière-Gruppe bekannt wurden, und die sich jährlich einmal trafen, um sich über ihre Problem- und Fragestellungen auszutauschen. Dann wird Rapps Beteiligung an einem großen Publikationsunternehmen, der vierzehnbändigen Geschichte des Christentums (Desclée de Brouwer, 1990-2002), geschildert. Er steuerte wichtige Kapitel zum von Michel Mollat und mir herausgegebenen Band 6, Die Zeit der Zerreißproben 1274-1449, und zum von Marc Vénard herausgegebenen Band 7, Von der Reform zur Reformation 1450-1530 bei. Ferner soll näher dargelegt werden, welche Stellung F. Rapp zu den Hauptströmungen der Geschichtsschreibung seiner Zeit auf dem Gebiet der Kirchengeschichte bezogen hat, wo sein Einfluß besonders bedeutend gewesen ist.

 

Nicole Bériou : Une intuition féconde de Francis Rapp : étudier la communication religieuse à l'oeuvre dans la vie sociale

Expert dans l’analyse de la vie sociale et spécialement attentif à celle-ci dans sa dimension religieuse, Francis Rapp a maintes fois démontré la nécessité de brasser la documentation pour nourrir les analyses historiques, menées en profondeur grâce à la délimitation d’un espace maîtrisable. Son souci de comprendre les mécanismes des échanges au sein de la société le rendait attentif aux modes de communication. Sa connaissance affinée du milieu strasbourgeois de la fin du Moyen Âge s’alimentait entre autres à la fascination qu’exerçait sur lui la figure exceptionnelle du prédicateur Geiler de Kaysersberg dont il a souvent exploité la parole critique et réformatrice. Le parcours de ses travaux atteste sa préoccupation d’inscrire l’observation des formes et des contenus de la communication religieuse, spécialement par la prédication, dans l’étude de la vie sociale.

Les travaux actuels sur la prédication se sont orientés plus résolument vers la question des modalités de conservation de la parole par l’écrit, et plus largement, vers la question de la réception du message des prédicateurs, en privilégiant les corpus documentaires qui éclairent la prédication ordinaire. Cependant Francis Rapp est l’un de ceux qui ont reconnu, voici une cinquantaine d’années, la richesse, pour l’historien, de sources longtemps exploitées auparavant du seul point de vue de l’histoire littéraire, doctrinale ou spirituelle. Son intuition féconde a consisté à intégrer la prédication dans le champ des sources que l’historien doit interroger pour affiner sa perception des sociétés d’un autre temps.

Nicole Bériou : Wie die religiöse Kommunikation im gesellschaftlichen Leben wirkte – Eine fruchtbare Forschungsrichtung von Francis Rapp

Francis Rapp war ein Meister in der Untersuchung des gellschaftlichen Lebens, und insbesondere dessen religiöser Dimension. Er hat immer wieder gezeigt, dass tiefschürfende Quellenforschung in einem beherrschbaren Raum die unerlässliche Voraussetzung für fruchtbare geschichtliche Forschung ist. Sein Bestreben, die Mechanismen des gesellschaftlichen Austauschs zu verstehen, ließ ihn auf die Kommunikationsformen aufmerksam werden. Seine profunde Kenntnis des Straßburger Milieus im ausgehenden Mittelalter hatte u. A. mit seiner Faszination für die Ausnahmegestalt des Predigers Geiler von Kaysersberg zu tun, auf dessen kritische und reformeifrige Predigten er sich öfters bezog. Seine Forschungen zeugen von seinem Bemühen, die Beobachtung der Formen und Inhalte religiöser Kommunikation, insbesondere der Predigt, für die Erforschung des gesellschaftlichen Lebens fruchtbar zu machen.

Die aktuellen Arbeiten zur Predigt fragen nachdrücklicher, wie Schriften das gesprochene Wort festhalten, und allgemeiner, wie die Botschaft der Prediger rezipiert wurde, wobei der Schwerpunkt auf Quellenbeständen liegt, die Aufschluss über die gewöhnliche Predigt geben. Francis Rapp gehört jedoch zu denjenigen, die schon vor einem halben Jahrhundert den Reichtum von Quellen für den Historiker erkannten, die lange Zeit nur unter literatur-, theologie- oder spiritualitätsgeschichtlichen Gesichtspunkten ausgewertet wurden. Seine fruchtbare Intuition bestand darin, die Predigt in das weite Feld der Quellen zu integrieren, die der Historiker befragen muss, um seine Wahrnehmung der früheren Gesellschaften zu verfeinern.

 

Rolf Große : Léon IX et la réforme de l'Église

La réforme de l’Église des XIe et XIIe siècles visait à un renouvellement moral du clergé ainsi qu’à la libération de l’Église de l’influence laïque. Cela s’appliquait également à la papauté qui était devenue le jouet de la noblesse romaine. L’intervention du Salien Henri III et l’élévation de papes « allemands » ouvraient la voie à la réforme. Léon IX (1048-54) a été le plus important de ces papes réformateurs issus de l’Église impériale. En 1049, il a tenu à Mayence, avec l’empereur, un synode qui adoptait des décrets contre les abus du clergé. Cette interaction du pape avec l’empereur contraste avec le déroulement du synode de Reims, qui s’est tenu peu de temps auparavant, en absence du roi de France, Henri Ier. Ainsi s’est formée l’image d’une communauté d’intérêts entre le pape et l’empereur, alors que le Capétien se serait fermé à la réforme. Une nouvelle lecture des sources pertinentes jette toutefois le doute sur cette idée. Tout porte plutôt à croire que c’est Léon IX qui n’était pas intéressé par la présence du roi de France à Reims. Et sa condition, posée après sa nomination comme pape par le Salien, de n’accepter la dignité pontificale qu’avec l’accord des Romains montre qu’il ne voulait pas être considéré comme le protégé de l’empereur. Dans sa politique de réforme, il attachait beaucoup moins d’importance à la coopération avec le pouvoir séculier qu’on ne l’avait supposé jusqu’alors.

Rolf Große : Leo IX. und dir Kirchenreform

Die Kirchenreform des 11. und 12. Jhs. zielte auf eine moralische Erneuerung des Klerus und auf die Befreiung der Kirche von dem Einfluß der Laien. Das galt auch für das Papsttum, das zum Spielball des römischen Adels geworden war. Das Einschreiten des Saliers Heinrich III. und die Einsetzung "deutscher" Päpste öffneten den Weg zur Reform. Leo IX (1048-1054) war der wichtigste dieser Reformpäpste, die aus der Reichskirche hervorgegangen waren. 1049 hielt er in Mainz eine Synode, die Dekrete gegen die Mißbräuche des Klerus erließ. Dieses Zusammenwirken des Papsts und des Kaisers kontrastiert mit der Synode von Reims, die kurz davor in Abwesenheit des französischen Königs Heinrichs I. abgehalten worden war. So entstand das Bild einer Interessengemeinschaft zwischen dem Papst und dem Kaiser, während der Kapetinger sich der Reform verschlossen hätte. Eine Rückkehr zu den einschlägigen Quellen stellt aber diese Vorstellung in Frage. Allem Anschein nach war es Leo IX., der die Anwesenheit des französischen Königs in Reims nicht wünschte. Die Bedingung, die er nach seiner Ernennung als Papst durch den Salier stellte, nämlich diese Würde nur mit dem Einverständnis der Römer anzunehmen, zeigt, dass er nicht als der Schützling des Kaisers erscheinen wollte. In seiner Reformpolitik legte er viel weniger Wert auf die Zusammenarbeit mit der weltlichen Macht, als man es bislang vermutet hat.

 

Catherine Vincent : Culte des saints et culte marial dans les sanctuaires français à la fin Moyen Âge

Francis Rapp ne pouvait ignorer la place que les sanctuaires et lieux de pèlerinage ont tenue dans la vie religieuse de la fin du Moyen Âge, lui qui en scruta les multiples facettes avec la sagacité et la sensibilité que l’on connaît.

De ces études, menées à diverses échelles, de celle d’un sanctuaire précis (Wiwersheim et Dusenbach sur les terres des Ribeaupierre, entre autres) à celle de la région, en l’occurrence l’Alsace, on pourrait retenir trois éléments. Francis Rapp a contribué à mettre en valeur l’importance de l’échelle locale dans les dévotions, alors que l’attention était davantage tournée vers l’histoire des grands centres de pèlerinage chrétiens, dont Compostelle, alors en plein renouveau. Il a de plus apporté une contribution marquante à l’étude des pèlerinages mariaux par la synthèse qu’il donna pour l’Alsace, dans les Mélanges en l’honneur d’Hervé Martin. Enfin, sa familiarité avec le discours des réformateurs strasbourgeois lui a permis de présenter des témoignages éloquents du recul pris par la pastorale envers le geste de pèlerinage et l’invitation constante à intérioriser celui-ci. II pouvait en la matière compter sur la voix de son cher Geiler de Kaysersberg dont les considérations sur le pèlerinage s’entendent comme une lecture métaphorique de l’itinéraire spirituel que le prédicateur strasbourgeois invitait tout fidèle à accomplir.

Depuis ces travaux pionniers, les divers axes de recherche ainsi soulignés ont cheminé dans le monde académique, signe de leur fécondité.

Les enquêtes régionales menées ces dernières années, y compris dans la région alsacienne étudiée à son tour par Elisabeth Clementz, si elles ont confirmé l’ampleur du développement du culte marial, ont aussi montré une résistance sans doute sous-estimée des dévotions aux saints. Elles ont également permis d’approfondir un trait commun à nombre de ces sanctuaires, leur enracinement spatial en un maillage d’une grande densité : les sanctuaires mariaux alsaciens sont souvent très proches les uns des autres. Les formes d’appropriation qui en découlent sont illustrées, dans le cas du culte marial, par l’émergence de dénominations comme Notre-Dame de tel lieu, Rocamadour, Les Ardilliers, Boulogne, ou Notre-Dame de l’Épine, du Chêne, des Bois. De telles appellations trouvent souvent leur origine dans des légendaires qui adoptent le même schéma : une image de la Vierge (en général une statue) est découverte en un lieu précis et entend y être vénérée à l’exclusion de tout autre, refusant avec obstination d’être transférée ailleurs. On tentera, à la lumière d’études récentes (Nicolas Balzamo), de comprendre comment ce phénomène contribue à résoudre la tension entre la volonté qui fut celle des clercs de promouvoir des cultes universels, dont celui de la Vierge est le plus emblématique, et la préoccupation des fidèles d’enraciner leurs relations avec le Ciel au plus près de leurs repères quotidiens.

Catherine Vincent: Heiligen- und Marienkult in den spätmittelalterlichen Heiligtümern von Frankreich

Francis Rapp war sich der Bedeutung der Wallfahrtsorte im religiösen Leben des Spätmittelalters wohlbewusst, hat er doch ihre zahlreichen Facetten mit der ihm eigenen Klugheit und Sensibilität untersucht.

Bei diesen Studien, die in verschiedenen Maßstäben durchgeführt wurden – vom einzelnen Heiligtum (u. a. Wiwersheim und Dusenbach, in der Herrschaft Rappoltstein) bis hin zu einer ganzen Region, nämlich dem Elsass – kann man drei Aspekte festhalten: Erstens hat Francis Rapp dazu beigetragen, die Bedeutung des lokalen Maßstabs für die Frömmigkeit hervorzuheben, zu einer Zeit, als die Aufmerksamkeit sich mehr auf die Geschichte der großen christlichen Pilgerzentren konzentrierte, darunter auch das damals wieder aufblühende Compostela. Ferner leistete er mit seiner Synthese zu den Marienwallfahrten im Elsass, in der Festschrift für Hervé Martin, einen wichtigen Beitrag zu ihrer Erforschung. Schließlich ermöglichte es ihm seine Vertrautheit mit dem Diskurs der Straßburger Reformatoren, aussagekräftige Beispiele für die kritische Distanz der Pastoraltheologen gegenüber der Wallfahrtspraxis und für ihre ständige Aufforderung, diese zu verinnerlichen. Hierbei konnte er sich auf den von ihm hochgeschätzten Geiler von Kaysersberg berufen, dessen Überlegungen zur Pilgerschaft als metaphorische Lesart des geistigen Weges zu verstehen sind, auf den der Straßburger Prediger alle Gläubigen einlud.

Seit diesen bahnbrechenden Arbeiten haben sich die hier aufgezeigten Forschungsrichtungen in der akademischen Welt weiterentwickelt – ein Zeichen der Fruchtbarkeit dieser Ansätze.

Die in den letzten Jahren durchgeführten regionalen Erhebungen, auch in dem jetzt von Elisabeth Clementz untersuchten Oberelsass, haben zwar die mächtige Entfaltung des Marienkults bestätigt, aber auch einen wohl unterschätzten Fortbestand der Heiligenverehrung aufgezeigt. Verstärkt haben sie auch ein gemeinsames Merkmal vieler dieser Heiligtümer betont, nämlich ihre räumliche Verwurzelung in einem sehr dichten Netz: Die elsässischen Marienheiligtümer liegen oft sehr nahe beieinander. Die daraus resultierenden Formen der Aneignung werden im Fall des Marienkults durch die Entstehung von Namen wie "Unser Liebe Frau von" hier oder dort, von Rocamadour, Les Ardilliers, Boulogne oder Unser Liebe Frau zur Eiche, im Walde, im Moos, usw., veranschaulicht. Solche Namen gehen oft auf Legenden zurück, die nach demselben Muster aufgebaut sind: Ein Bild der Mutter Gottes (in der Regel eine Statue) wird an einem bestimmten Ort entdeckt und will dort und nur dort verehrt werden, wobei es sich hartnäckig weigert, an einen anderen Ort versetzt zu werden. Im Lichte neuerer Studien (Nicolas Balzamo) werden wir versuchen zu verstehen, wie dieses Phänomen dazu beigetragen hat, die Spannung zu lösen zwischen dem Wunsch der Kleriker, universelle Kulte zu fördern – von denen der Marienkult der emblematischste ist –, und dem Anliegen der Gläubigen, ihre Beziehung zum Himmel so nah wie möglich an ihren täglichen Bezugspunkten zu verwurzeln.

 

Philippe Lorentz : Domina angelorum. La Vierge et les anges dans le triptyque de Moulins.

Dans le triptyque de la Vierge glorieuse réalisé vers 1498 par le peintre flamand Jean Hey pour le duc Pierre II de Bourbon et son épouse Anne de France et destiné à la collégiale Notre-Dame de Moulins, les représentations mariales sont accompagnées d’une profusion d’anges. La raison de leur présence doit être interrogée à la lumière de la dévotion particulière des Bourbons pour la Vierge.

 

Benoît Jordan : Gagner sa vie en priant – Analyse d’un registre des revenus de clercs affectés au service divin à la cathédrale de Strasbourg – vers 1516.

A côté des chanoines, les prébendiers forment un groupe nombreux qui assure le service divin, souvent dans plusieurs églises à la fois. L'accomplissement de cette fonction liturgique est oeuvre pieuse, mais aussi source de revenus : c'est un véritable métier qu'exercent ces clercs qui perçoivent un salaire en fonction de leur présence aux fêtes et aux cérémonies. Le document ici analysé est un document de la pratique, que l'on peut dater de 1516 et qui donne le détail de la vie liturgique à la cathédrale de Strasbourg tout au long de l'année, à travers la distribution de ces revenus dont l'importance varie selon la solennité célébrée.

Benoît Jordan: Sein Leben mit Gebet verdienen. Untersuchung eines Einnahmeregisters des Straßburger Kathedralklerus um 1516

Neben den Kanonikern bildeten die Pfründner eine zahlenmäßig bedeutende Gruppe, die den Gottesdienst oft in mehreren Kirchen zugleich versah. Die Erfüllung dieses liturgischen Amts war ein frommes Werk, aber auch eine Einnahmequelle: diese Kleriker, die für ihre Anwesenheit bei Festen und Zeremonien entlohnt wurden, übten einen echten Beruf aus. Das hier untersuchte Dokument ist für den praktischen Gebrauch entstanden, wahrscheinlich 1516. Durch die Austeilung der Präsenzgelder, deren Höhe je nach Fest variierte, gibt diese Quelle einen detailreichen Einblick in das liturgische Leben im Straßburger Münster im Verlauf des Jahres.

 

Sigrid Hirbodian: Les religieuses à Strasbourg à la fin du Moyen Age

La conférencière présentera les différentes formes de vie religieuse des femmes à Strasbourg à la fin du Moyen Âge. Leur nombre est impressionnant et couvre un large spectre : des chanoinesses de Saint-Etienne fondées au Haut Moyen Âge en passant par les sept couvents de Dominicaines et les deux couvents de Clarisses jusqu'aux Pénitentes de Sainte-Marie-Madeleine. S'y ajoutent un grand nombre de béguinages et aussi de béguines vivant seules. La conférencière s'efforcera de présenter les différentes formes de vie et l'origine sociale de ces femmes. Finalement, elle posera la question des possibilités d'action de ces femmes. Etaient-elles nonnes, chanoinesses ou béguines par choix, sous la pression familiale ou pouvaient-elles choisir librement leur destin ? Quelles possibilités avaient ces communautés de femmes d'influencer les décisions les concernant au moment de la Réforme ? Au courant de l'exposé, on se rendra compte de l'importance des recherches de Francis Rapp pour la connaissance des communautés féminines strasbourgeoises.

Sigrid Hirbodian: Geistliche Frauen im spätmittelalterlichen Straßburg

Der Vortrag stellt die verschiedenen Lebensformen für geistliche Frauen im spätmittelalterlichen Straßburg vor, von denen eine außergewöhnlich große Zahl und ein ungemein breites Spektrum in der Stadt vorhanden waren: Von den Kanonissen des im Frühmittelalter gegründeten Stifts St. Stephan über die insgesamt sieben Dominikanerinnen- und zwei Klarissenklöster bis zum Reuerinnenkloster St. Maria Magdalena. Hinzu kam eine große Zahl von Beginengemeinschaften sowie einzeln lebenden Beginen. Im Vortrag sollen die verschiedenen Lebensweisen und die Sozialprofile der geistlichen Frauengemeinschaften portraitiert und schließlich die Frage gestellt werden, welche Handlungsmöglichkeiten die Frauen selbst besaßen: Waren Sie nur auf Wunsch oder gar Druck ihrer Familien Nonne, Kanonisse oder Begine geworden oder konnten sie über ihren Lebensweg selbst entscheiden? Und welche Einflußmöglichkeiten besaßen die Frauengemeinschaften auf sie selbst betreffende Entscheidungen etwa in der Zeit der Reformation? Im Verlauf des Vortrages wird ferner deutlich, wie grundlegend wichtig die Forschungen von Francis Rapp für unsere Kenntnis der Straßburger geistlichen Frauengemeinschaften gewesen sind.

 

Elisabeth Clementz : Recluses d'Alsace

Cette communication tente de cerner le phénomène de la réclusion en Alsace, son ampleur à l'époque médiévale et son évolution au fil du temps. S'agit-il d'un phénomène majoritairement urbain, comme le prétend l'historiographie traditionnelle, ou trouve-t-on également des reclusoirs à la campagne ? Ces institutions sont-elles stables ? L'étude s'intéressera également, dans la mesure où les sources le permettent, aux femmes qui ont choisi ce mode de vie. Qui sont-elles ? Leur recrutement évolue-t-il ? De qui ces femmes dépendent-elles au temporel, au spirituel ? Ne possèdent-elles pas une forme de pouvoir ? Plus généralement, quels rôles jouent-elles dans la société de l'époque ? Pour finir, il faudra aussi s'interroger sur leur spiritualité, un domaine que les nombreux travaux de Francis Rapp sur celle des religieuses ont permis de mieux connaître.

Elisabeth Clementz: Inklusen im Elsass

In diesem Vortrag wird versucht, das Inklusenwesen im Elsass, seinen Umfang im Mittelalter und seine Entwicklung im Laufe der Zeit zu erfassen. Handelt es sich um eine mehrheitlich städtische Erscheinung, wie es die bisherige Literatur behauptet, oder findet man auch Inklusorien auf dem Land? Wie beständig waren diese Institutionen? Insofern die Quellen es ermöglichen, versucht diese Studie auch eine Annäherung an die Frauen, die diese Lebensweise gewählt haben. Wer waren sie? Wie änderte sich ihre Herkunft im Laufe der Zeit? Von wem hingen diese Frauen ab im zeitlichen und im geistlichen Leben? Welche waren ihre Handlungsspielräume? Welche Rolle spielten sie in der damaligen Gesellschaft? Schließlich muß auch nach ihrer Spiritualität gefragt werden, einem Aspekt, der dank den Forschungen von Francis Rapp besser ins Licht getreten ist.

 

Georges Bischoff : La culture politique des insurgés alsaciens de 1525

La Guerre des Paysans n’est pas une jacquerie née de la misère des campagnes, et pas davantage une révolution millénariste inspirée par le message de Luther. Les travaux de Francis Rapp, de Philippe Dollinger et de Jean Rott ont restitué les événements dans toute leur épaisseur. La présente contribution propose d’enquêter sur la culture politique de l’homme du commun, en se fondant sur les comportements et les pratiques observés entre avril et octobre 1525 et analysant les discours et la mémoire des protagonistes. Leur connaissance des institutions et leur expérience du terrain sont au cœur de l’insurrection ; elles permettent leurs premiers succès, et amortissent le retour au statu quo dans « l’ordre et la discipline » (Fr. Rapp).

Georges Bischoff: Die politische Kultur der elsässischen Aufständischen im Jahre 1525

Der Bauernkrieg entstand nicht aus dem Elend der Landbevölkerung. Ebensowenig ist es eine durch Luthers Botschaft angeregte millenarische Revolution. Die Forschungen von Francis Rapp, Philippe Dollinger und Jean Rott haben die Ereignisse in ihrer ganzen Dichte dargestellt. Der heutige Vortrag zielt darauf, die politische Kultur des gemeinen Mannes zu untersuchen. Dazu werden die Verhaltensweisen und die Praktiken untersucht, die zwischen April und Oktober 1525 zutage traten, sowie die Reden und Erinnerungen der wichtigsten Teilnehmer. Ihre Kenntnis der Institutionen und ihre Vertrautheit mit den örtlichen Verhältnissen waren für den Aufstand entscheidend: sie haben seinen anfänglichen Erfolg ermöglicht, und die Rückkehr zum Status quo mit "Ordnung und Disziplin" (Fr. Rapp) abgefedert.

 

Bernhard Metz : Les frères Mey von Lambsheim, ou du mauvais usage des châteaux forts

En traitant de l'Ortenberg au 15e siècle, un repaire de chevaliers-brigands (1979), M. Rapp est tombé sur Heinrich et accessoirement Reinhard Mey von Lambsheim, qui à vrai dire – il le précise bien – n'étaient pas chevaliers et auraient très mal pris de se voir traités de brigands, bien que leur pratique de la guerre privée ait été à la limite du brigandage. Leur palmarès est impressionnant : c'est à cause d'eux qu'ont été détruits Hohkoenigsburg (1462), peut-être aussi le château de la Roche (1469), Nideck (1469/70) et Geroldseck (1471), et qu'Ortenberg (1461) a failli l'être.

Comme Lambsheim est dans le Palatinat et que plusieurs autres "seigneurs-brigands" actifs en Alsace n'en étaient pas originaires non plus, il faudra se demander s'il s'agit de déracinés ou si c'est au contraire leur intégration dans la petite noblesse du pays qui a rendu possibles leurs exploits, en leur permettant de prendre pour bases d'opération des châteaux qu'ils ne possédaient pas.

Bernhard Metz: Burgenmissbrauch – die Gebrüder Mey von Lambsheim

In seinem Aufsatz Ortenberg im 15. Jh., ein Schlupfwinkel für Raubritter (1979) ist Francis Rapp auf Heinrich und nebenbei auch auf Reinhard Mey von Lambsheim gestoßen, die allerdings, wie er es betont, keine Ritter waren, und empört gewesen wären, als Räuber bezeichnet zu werden, obwohl ihre Fehden von reinen Räubereien nicht sehr entfernt waren. Ihre Erfolgsbilanz ist beeindruckend: ihretwegen wurden die Burgen Hohkoenigsburg (1462), vielleicht auch das Steinschloss (1469), Nideck (1469/70) und Geroldseck (1471) zerstört, und auch Ortenberg entrann kaum diesem Schicksal (1461).
Da Lambsheim in der Pfalz liegt, und mehrere andere, im Elsaß tätigen "Raubritter", keine gebürtigen Elsässer waren, wird man sich fragen müssen, ob es sich um Entwurzelte handelte, oder ob es im Gegenteil ihre Integration in den heimischen Niederadel war, die ihnen ihre Raubzüge ermöglichte, indem sie Burgen, die sie nicht besaßen, als Operationsbasis nutzen konnten.

 

Anne Rauner : Les vides de la page dans les calendriers nécrologiques du diocèse de Strasbourg (XVe-XVIe s.)

On observe, à partir de 1450, une augmentation des vides de la page dans les calendriers nécrologiques de Strasbourg, c’est-à-dire des espaces prévus pour l’écriture, mais restés vierges. Ils semblent résulter de prime abord du renouvellement plus fréquent des documents nécrologiques manuscrits. Mais Francis Rapp avait constaté, pour la même période, une baisse importante des donations, des fondations, des offrandes à l’Église dans le diocèse et l’expliquait par les aspirations à la réforme de l’Église. Les vides des calendriers nécrologiques ne s’expliquent donc pas seulement par la diffusion de nouvelles pratiques scripturaires, mais aussi par des mutations religieuses importantes. Les travaux de Francis Rapp s’avèrent par conséquent essentiels pour comprendre le processus d’écriture des documents nécrologiques tardo-médiévaux.

Anne Rauner: Die Leerräume auf den Seiten der Anniversarienkalender der Straßburger Diözese (15.-16. Jh.)

Ab 1450 nehmen die Leerstellen auf den Seiten der Straßburger Anniversarienkalender zu, d. h. der für die Schrift vorgesehenen, aber leer gebliebenen Bereiche. Auf den ersten Blick scheint dies auf die häufigere Erneuerung handschriftlicher Seelbücher zurückzuführen zu sein. Jedoch hat Francis Rapp festgestellt, dass im gleichen Zeitraum die Schenkungen, Stiftungen und Spenden an die Kirchen in der Diözese deutlich zurückgegangen sind, und erklärte dies mit dem Verlangen nach einer Reform der Kirche. Die Leerräume in den Todeskalendern lassen sich daher nicht nur durch die Verbreitung neuer Gebräuche in puncto Schriftlichkeit, sondern auch durch wichtige religiöse Veränderungen erklären. Francis Rapps Arbeit ist daher für das richtige Verständnis des Prozesses der Abfassung spätmittelalterlicher nekrologischer Dokumente unerlässlich.

 

Claude Muller : Le clerc face au soldat. Religion et armée en Alsace au 18e siècle

A la jonction de l'histoire religieuse dotée d'une belle assise et de l'histoire militaire en plein renouveau pour l'époque moderne, la rencontre longtemps improbable entre le prêtre et le soldat constitue, de nos jours, un courant historiographique fort. La présente étude voudrait prolonger, par des apports nouveaux, des travaux prometteurs. L'Alsace, terre-frontière, peuplée à la fois de nombreux clercs et de nombreux militaires, constitue un laboratoire privilégié pour happer une réalité, désormais sous le projecteur historique. Il s'agit tout d'abord, à partir de la chronique des jésuites de Molsheim, d'évaluer la vision de la guerre par le clerc. Puis d'esquisser les contours de l'introuvable aumônier militaire. Enfin d'évoquer une action quasi unique : le rachat de contrats de très jeunes soldats pour leur permettre de quitter l'armée, puis de leur payer des études dans l'espoir qu'ils deviennent prêtres.

Claude Muller: Der Kleriker und der Soldat. Religion und Armee im Elsaß des 18. Jhs.

Im Schnittpunkt der gut erforschten Kirchengeschichte und der wieder blühenden Militärgeschichte der frühen Neuzeit ist heutzutage die lange unmögliche Begegnung zwischen dem Priester und dem Soldat ein wichtiger historiographischer Trend. Hier soll versucht werden, diese vielversprechenden Ansätze mit neuen Ergebnissen zu ergänzen. Das Elsaß, ein Grenzland, in welchem viele Kleriker und Soldaten lebten, ist eine besonders geeignete Landschaft, um ihre Begegnung zu untersuchen. Zuerst wird aufgrund der Chronik der Jesuiten von Molsheim gefragt, wie die Kleriker den Krieg sahen. Dann wird nach dem fast unauffindbaren Feldgeistlichen gesucht, und seine Stellung skizziert. Schließlich wird eine einzigartige Unternehmung beschrieben: wie die Einstellungsverträge von sehr jungen Soldaten zurückgekauft wurden, damit sie die Armee verlassen konnten, und wie ihnen ein Studium finanziert wurde in der Hoffnung, dass sie anschließend Priester werden.