Di Fan : De l'organique au végétal. Aspects de la gravure anatomique en Europe de la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle

13 janvier 2026
14h 18h

Soutenance de thèse

De l'organique au végétal. Aspects de la gravure anatomique en Europe de la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle

 

Di FAN

 

 

mardi 13 janvier 2026 à partir de 14h

salle Pasteur, Palais universitaire, Strasbourg

 

Jury

  • Président :
    • Monsieur Laurent Baridon, professeur des universités, Université Lumière Lyon 2
  • Directeur de thèse : 
    • Monsieur Martial Guédron, professeur des universités, Université de Strasbourg
  • Rapporteurs : 
    • Monsieur Ralph Dekoninck, professeur des universités, Université catholique de Louvain
    • Madame Estelle Leutrat, professeure des universités, Université de Poitiers
  • Examinateurs :
    • Madame Susanna Caviglia, professeure associée, Bocconi University et Duke University
    • Madame Laurence Talairach, professeure des universités, Université Toulouse Jean Jaurès

 

Résumé

Cette recherche porte sur les analogies établies, à l’époque moderne, entre les représentations anatomiques du corps humain et le monde végétal. À travers l’étude des gravures anatomiques et de leurs contextes de production, elle interroge la manière dont les artistes et les savants ont pensé le corps humain en relation avec la nature, en élaborant une vision organique du vivant fondée sur des correspondances formelles, fonctionnelles et symboliques entre l’humain et le végétal.

Ces rapprochements, loin d’être de simples motifs décoratifs, traduisent une pensée analogique profondément enracinée dans la culture savante des XVIᵉ au XVIIIᵉ siècles. Ils témoignent d’une conception unifiée du vivant, où le corps humain est envisagé comme un organisme en continuité avec les forces de la nature. Le paysage naturaliste, souvent présent dans les planches anatomiques, participe à cette mise en relation : il ne sert pas seulement de décor, mais contribue à la construction d’un discours visuel sur la vie, la croissance et la transformation.

Sur le plan épistémologique, cette étude questionne la valeur cognitive de l’image scientifique et le rôle qu’elle joue dans la production et la transmission des savoirs anatomiques. À une époque où le regard empirique se conjugue avec la tradition symbolique, les images ne se contentent pas d’illustrer le savoir : elles en deviennent l’un des vecteurs privilégiés. En s’inscrivant à la croisée de l’histoire de l’art, de l’histoire des sciences et de l’histoire des savoirs, cette recherche met en lumière les interactions entre arts et sciences et éclaire la manière dont la représentation du corps, à travers ses analogies avec le végétal, a contribué à redéfinir la connaissance du vivant et ses modes de figuration.